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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:00

Tanguy ... malgré eux

Un Tanguy est un jeune adulte qui vit chez ses parents par choix, pour le confort matériel. À la Réunion, c’est souvent parce qu’ils n’ont pas les moyens de louer ou d’acheter un logement que ces majeurs restent à la case. A leur corps défendant.

La porte claque, Nathalie, 26 ans vient encore de subir les reproches de sa mère. La jeune femme, sans activité depuis quatre ans, ne sait plus comment s'en sortir. « Tous les jours c'est pareil, je veux partir mais pour aller où ? », se désespère-t-elle. La chômeuse peine à joindre les deux bouts : « Je suis au RSA depuis un an mais c'est comme si je n'avais rien. Tout passe dans les dépenses du quotidien, à la fin du mois mon compte est vide ». Ses recherches n'aboutissant pas et n'ayant aucun autre revenu, elle se sent prise au piège : « J'aimerais tellement travailler pour pouvoir m'en aller, mais j'ai l'impression que je n'y arriverai jamais ». Comme de nombreux jeunes Réunionnais, Nathalie habite encore chez ses parents.
C’était le cas, il y a peu encore, de Thierry, 29 ans. Il a fallu attendre l’obtention d’un CDI pour quitter, enfin, le domicile parental. Mais quelle galère ! Malgré son emploi, le Dionysien va vite déchanter devant le prix des loyers et la lenteur de l'administration pour les logements sociaux. « J’ai attendu presque deux ans pour rien », peste-t-il. Thierry se rabat alors sur un appartement dans le secteur privé. Il a recours à un emprunt pour s'installer et ajoute : «  Parfois c'est difficile, je paye mon studio plus de 400 euros. »
Le prix à payer pour vivre sa vie et prendre un peu de distance avec son père et sa mère. « On se disputait pour un rien, le fait de se voir tout le temps exagérait les choses », raconte t-il. Côté parents aussi, la cohabitation forcée n’est pas facile. Entre Josiane et sa fille de 26 ans, la tension est palpable. « Mi mett pas li dehor parske li va traine la rue», regrette presque la quinquagénaire, divorcée. Même si elle comprend l'impasse dans laquelle se trouve sa fille au chômage. « Dan mon temps navé point toute tracas com zordi ». Elle ajoute, fatiguée : « Ma tout fait pou fé bien viv mon ban zenfan, ester ma besoin un peu le temps pou moin. »
Mais voilà : selon les études de l'Insee, les jeunes qui parviennent à prendre leur indépendance en matière de logement y parviennent souvent grâce à l’aide financière de leurs parents. Josiane n’a pas les moyens de payer deux ou trois mois de loyers d’avance pour sa fille et le bailleur refuserait certainement qu’elle se porte caution, faute de revenus suffisants. Ceci expliquant peut-être cela, entre juin 2010 et juin 2011, le nombre de loyers vacants était en augmentation dans le secteur privé, rappelle l’Agence Départementale d'informations sur le Logement à La Réunion.
Pas de quoi réjouir Lucie, 23 ans. L’étudiante en histoire se préoccupe déjà de son avenir. « Vu le prix des loyers et mon peu de revenus, comment vais-je faire pour partir de la maison », s’interroge-t-elle…

Anne PAJANIANDY

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Société
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