Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 05:36

Journalisme en famille

 

Vie professionnelle ou personnelle, certains vivent leur passion à fond. Christelle Floricourt, 24 ans, suit les pas de son grand-père tout en partageant le métier de son conjoint. Nature, elle livre les difficultés qu’elle éprouve pour se frayer un chemin médiatique digne de ses compétences.

Légende : Christelle Floricourt, réaliste quant à la précarité de la profession de journaliste, garde le sourire quand même.  (Photo Anne SÉVRIN).

Légende : Christelle Floricourt, réaliste quant à la précarité de la profession de journaliste, garde le sourire quand même. (Photo Anne SÉVRIN).

Le journalisme, Christelle Floricourt, elle connaît. Elle n’avait pas 10 ans que ça l’attirait déjà. Et pour cause, son grand-père, Phillipe Ponin Ballom, était un de ces journalistes ancrés dans la tradition de la presse réunionnaise. Celui qu’elle voyait rédiger des articles lorsqu’elle était enfant a été fondateur du journal Ce matin, rédacteur en chef de la Gazette de l’Ile de la Réunion, directeur d’Hebdo Bourbon. Il a terminé sa carrière comme  chroniqueur au JIR où il couvrait les assises, avant de s’éteindre en 2011. Son style éditorial bien à lui n’a pas échappé à sa petite-fille : « J’ai puisé dans ses archives ». Cette passion a sauté une génération : la mère de Christelle Floricourt est employée de mairie, et son père agent hospitalier. Mais sur les trace de son aïeul, Christelle Floricourt a puisé son enthousiasme et fait son choix.

Elle commence par une prépa littéraire puis renonce, ne se voyant pas « continuer là-dedans ». De l’hypokhâgne, l’étudiante passe à la fac d’histoire et poursuit en troisième année d’info-com. Après la licence, viennent les stages et l’insertion professionnelle, de fil en aiguille. Ou plutôt de pige en pige. Eh oui, comme d’autres camarades, Christelle Floricourt concilie travail et études mais tient à ce que cela n’affecte pas sa scolarité. « J’étais sérieuse, je m’arrangeais », se souvient-elle. L’ancienne petite fille qui dans ses rêves se voyait journaliste de presse écrite, apprécie finalement l’audiovisuel. En 2013, la jeune femme obtient son master. Depuis, elle  est pigiste à Réunion 1ère. Elle a présenté un magazine maniant le micro-trottoir pendant un an, dans Kozman La Kour.

 

Info-com

 

Elle affirme que la filière info-com lui a beaucoup apporté  : des bons souvenirs, des bons amis… et surtout, la rencontre de son conjoint, Julien Andy. Ce dernier est JRI dans la chaîne concurrente, Antenne Réunion. Une situation parfois délicate. Mais au quotidien, le couple de journalistes parvient à la gérer: « Forcément, y a des trucs qu’on ne peut pas se dire, mais on sait pourquoi »,  explique d’abord Christelle Floricourt. Avant d’admettre avec honnêteté que parfois chacun laisse échapper quelques infos. Cependant, aucun ne risquerait bien sûr de porter préjudice à l’entreprise du conjoint. D’ailleurs, précise-t-elle encore, à la maison, « on évite de parler trop boulot », même si la concurrence professionnelle reprend parfois le dessus : « Il serait bien content d’avoir son scoop avant moi ! ».

Troquerait-elle un statut de pigiste à Réunion 1ère contre un CDI à Antenne ? Elle ne le pense pas, n’étant pas attirée par le rythme de travail qu’impose la chaîne privée à ses journalistes. La Dionysienne relativise cependant l’idée de tensions extrêmes entre les deux rédactions : « Les journalistes s’entraident, on n’est pas en concurrence permanente sur le terrain  », souligne t-elle.

 

Situation précaire

 

Les « bons mois », Christelle Floricourt perçoit 2000 euros nets, 700 tout au plus, les plus mauvais. Ce fut le cas en février dernier, période durant laquelle aucune intervention ne lui a été proposée. Son temps libre, elle l’a alors utilisé pour aller à la plage, faire du shopping, et « s’ennuyer ». À 140 euros par sujet et une limite de 184 piges par an, le statut n’est pas toujours confortable. « Ma famille est fière mais ne comprend pas pourquoi après cinq années d’études, je n’ai pas un job plus stable », sourit-elle. Malgré les compléments du pôle emploi, Christelle Floricourt se sent parfois en situation précaire , « pas top pour le moral ». Alors elle persévère.

Elle s’exprime bien, est spontanée, possède la trempe des présentatrices locales et ne refuserait pas, si on lui demandait, d’animer un journal. Christelle Floricourt reconnaît avoir aussi postulé dans la presse écrite, sans succès. Quant à chercher un poste plus stable hors de  la Réunion, elle reste lucide : « En métropole, mes amis galèrent presque tous ». Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’accepterait pas un CDD dans une autre station du groupe Réseau Outre-Mer 1ère, étape première du long parcours menant à la titularisation que certains pigistes attendent depuis dix ans…

Optimiste et sereine quand même, elle estime qu’elle s’en sort « plutôt bien pour l’instant avec des piges régulières ». Son idéal reste de s’inscrire dans la lignée de son grand-père. « Les faits divers, ce n’est pas trop mon truc, le social, l’éditorial m’attirent», admet-elle. En attendant, il lui faut faire ses preuves, encore et toujours. La coquette journaliste était sur le terrain durant les précédentes cantonales à Saint-Leu. 

 

Cécile MOUTIAMA

Partager cet article

Repost 0
Published by futurs.journalistes.974 - dans Interviews
commenter cet article

commentaires

tx ecommerce 24/12/2016 17:05

There's nothing like planning your annual holiday. The anticipation of an exotic or a romantic destination and all the fun activities, fill up your whole day and your daydreaming time.

vimond gilbert st paul 25/02/2016 09:39

souhaite etre contacte 7 mars 2016 50ans de voyage et aventure tel 0693905400
je ne sais pas si je suis au bon endroit

Revenir À L'accueil

  • : Les futurs journalistes de La Réunion
  • Les futurs journalistes de La Réunion
  • : Ce blog présente les reportages des étudiants en journalisme d'InfoCom de l'université de La Réunion.
  • Contact

Recherche

Catégories