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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:14

Les stéréotypes prennent racine

 

Discours politiques, chansons créoles, littérature locale : les Réunionnais n’ont pas peur d’exhumer le passé. Pour se dédouaner des accusations les plus injustifiées, rien ne vaut un bon vieux rappel des douleurs subies par les ancêtres au temps des colonies.

A la Réunion, il est de bon ton d’avoir un esclave dans le placard. Construction identitaire ou victimisation outrancière ? Les vieux clichés ont souvent du succès et les personnalités locales l’ont bien compris. On s’étonne cependant de constater qu’un passé si douloureux a cela de merveilleux qu’il rend imperméable aux critiques éventuelles.

Durant la campagne des législatives, un certain Roger Orlu, du journal Témoignage, s’en est pris à Huguette Bello, comparée aux  « collaborateurs des nazis dans la France occupée de 1940 à 1945 ». Un commentaire pour le moins navrant. La députée maire de Saint-Paul, émue, s’est insurgée à juste titre : « Moi qui suis une arrière arrière petite fille d’esclave, et qui suis une fille de la colonie... Comment peut-on écrire une chose pareille ? » Comment peut-on en effet ? Voilà un argument imparable, qui donne à réfléchir sans doute, puisqu’une telle réponse n’étonne personne. Pourtant, cette revendication identitaire résonne un peu à la manière d’un de ces faux plaidoyers : « Je suis noir, comment peut-on m’accuser de racisme ? », ou autre argumentaire basé sur des considérations généalogiques qui n’ont pas grand sens.

À croire que les descendants d’esclaves seraient exempts de défauts, intouchables et inattaquables en raison même d’un statut dont ils ont hérité, d’une Histoire à laquelle ils n’ont pas pris part. Certes, l’on ne peut que donner tort aux détracteurs d’Huguette Bello, mais la réponse de l’élue laisse perplexe.

La politicienne n’est pas la seule à invoquer ses aïeux dans une posture de défense. Pour Jacqueline Andoche, anthropologue, rien d’étonnant à cela : on peut parler d’une « idéalisation des racines, c’est dans l’air du temps, ce n’est pas spécifique à la Réunion : ailleurs aussi on cherche à s’inscrire dans une identité ». Une construction culturelle locale dont on ne se lasse pas, scandée régulièrement sur les airs de maloya d’un Danyel Waro, où la « misère » des ancêtres se chante avec joie. Pour Alexandra Affidou, présidente de l’association Rasin Caf, « il ne faut pas aller dans la victimisation ou la revendication, mais voir le passé simplement comme une force ». Eric Murin, du Conseil Représentatif des Associations Noires de la Réunion, est bien d’accord : « Je suis descendant d’esclaves, c’est important de le ramener ! ».

Enchaînés au passé, ces palabres autour des ancêtres colonisés ne sont pas sans rappeler un certain Elie Taïeb. L’ancien porte-parole du Front National à la Réunion, lui aussi, n’hésitait pas à ressortir théâtralement ses ancêtres juifs du placard pour parer à toute accusation d’antisémitisme. Face à de tels arguments, forcément, nous voilà convaincus. En attendant, c’est dans l’enthousiasme général que le Réunionnais s’applique à devenir esclave de ses propres racines. 

 

Salomé VIENNE

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:12

« L'homosexualité de ma mère ne m'a jamais dérangé »

Le 11 septembre dernier, la garde des sceaux a présenté les grande lignes du projet de loi ouvrant l'adoption aux couples homosexuels. Il sera adopté courant 2013. Un risque pour les enfants ? Marc a grandi avec deux mamans et prône l’ouverture d’esprit.

Les couples homosexuels auront le droit d'adopter. Et ce « dans un cadre identique à celui actuellement en vigueur chez les hétérosexuels », a informé Christiane Taubira, le 11 septembre dernier. Ce projet de loi sera présenté fin octobre au Conseil des Ministres. De son côté, Jean-Marc Ayrault s’engage à mettre en vigueur « au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l'adoption pour tous les couples, sans discrimination ». Maisle sujet fait toujours polémique. Les opposants prônent souvent un mauvais développement mental des enfants élevés par des parents du même sexe. Des critiques qui semblent ne reposer sur aucune étude…
« C’est l'amour qui compte », juge Marc*, 34 ans. L’homme sait de quoi il parle. Il n’a que trois ans lorsque sa mère quitte son mari pour s'installer avec une autre femme. Sa nourrice. Jacqueline devient alors son « autre maman » et ses quatre enfants des frères et soeurs. Rien d'étrange pour le petit Marc de l’époque : « Je ne me rendais pas vraiment compte que je vivais dans une famille différente. Même à l'école, je n'ai jamais été montré du doigt. L'homosexualité de ma mère ne m'a jamais dérangé car l'amour régnait ».
Jean-François Reverzy, pédopsychiatre, est plus réservé. « Certes, aujourd'hui, il y a beaucoup de mères célibataires qui élèvent leur enfant, concède le praticien. Mais il y a quand même une image du père en filigrane. Dans un couple homosexuel, pour que ça marche, il faut aussi que les figures paternelle et maternelles soient représentées ». Pour Marc, c'était le cas : « Jacqueline incarnait cette figure un peu plus autoritaire, plus masculine. Ma mère était beaucoup plus douce ».

L’image du père en filigrane
L'adoption d'enfants par un couple homosexuel, le pédopsychiatre ne s'y oppose pas. « Il vaut mieux qu'un marmaille soit élevé par des parents stables et qui l'aiment plutôt que par des personnes irresponsables », affirme-t-il. Mais selon lui, les homosexuels ne doivent pas adopter juste pour s'aligner sur les droits des hétéros. Derrière la procédure, il doit y avoir un réel désir d'enfant.
Il est de notoriété publique que des moyens existent pour contourner la loi sur l'adoption. Un parent célibataire peut adopter sans préciser ses orientations sexuelles. Les femmes peuvent avoir des bébés toutes seules. Autant de raisons qui mènent Jean-François Reverzy à demander « un cadre légal pour que l'enfant ne souffre plus en cas de séparation de ses parents ». Et d'ajouter : « Si le couple en vient à se déchirer et disputer la garde de l'enfant, aucune loi n'est applicable et c'est l'enfant qui va en pâtir ».
Une situation vécue par la famille recomposée de Marc. « Ma mère et Jacqueline étaient très instables, confie ce dernier, on déménageait sans cesse. » Lorsqu'il a 11 ans, ses mamans se séparent. Son petit frère et lui suivent leur mère biologique qui s'installe…avec un homme. La fratrie, perturbée, reste malgré tout très unie. Aujourd'hui les six enfants ont une situation professionnelle et aucun d'entre eux n'est homosexuel. « Je n'ai pas honte des orientations de ma mère. Au contraire, cela nous a permis d'avoir l'esprit plus ouvert sur la question de l'homosexualité. Surtout, cela ne m'a pas empêché de m'épanouir », indique Marc. Avis aux détracteurs…

Christelle FLORICOURT

*prénoms d'emprunt

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:08

« Un Facebook de la route »

Ne plus se faire flasher grâce à Avertinoo. Cette application pour smartphone permet aux conducteurs de signaler en temps réel  les radars à tous les automobilistes connectés. Un réseau social de la route, qui met en relation toute une communauté de chasseurs de radars...

avertinoo.petit« Vous entrez dans une zone de danger permanent ! » Romain, 24 ans, lancé à 140 km/h sur la route des Tamarins, retrouve en quelques secondes la vitesse réglementaire. Le message que vient de lui annoncer son application pour smartphone « d'aide à la conduite » lui signale de façon à peine dissimulée la présence d'un radar. « Là, c'est un fixe, j'avais vu le panneau, mais parfois j'oublie et je suis content que l'application me le rappelle », raconte le conducteur. Romain roule « toujours au-delà des limitations de vitesse », il l'avoue, son « assistant d'aide à la conduite » est devenu « indispensable ». Une dizaine de kilomètres plus loin, un autre message : « Vous entrez dans une zone de danger fréquent ». Par l'adjectif « fréquent », l'application signale qu'un automobiliste a « taggé » un radar mobile. Le jeune homme, qui avait retrouvé sa vitesse de croisière, enfonce la pédale de frein. « A cet endroit, ils sont souvent derrière la barrière de sécurité », déclare-t-il. Mais, fausse alerte, pas de radar en vue. « Ils viennent sûrement de partir », lance Romain. Et d'ajouter : « C'est un peu saoulant de freiner pour rien parfois, mais bon ça m'a évité à plusieurs reprises de me faire flasher, la dernière fois j'étais à 160... ».

 

Un clic : un radar signalé

 

L'application fonctionne selon un mode communautaire. Par un simple clic sur l'écran tactile de son smartphone, chaque automobiliste de la communauté Avertinoo qui voit un radar le signale. Le prochain à passer devant l’engin est alors prévenu du « danger » et doit le « tagger » à son tour. Depuis Paris, Sébastien Poulet-Mathis, gérant de la société Avertinoo, décrit son produit comme « un Facebook de la route ». Il ajoute : « Sur Facebook, les gens veulent savoir qui fait quoi, avec qui. Avec mon application, ils peuvent savoir qui a signalé quoi et à quel moment ». Son application est en concurrence avec Coyote, qui nécessite l'investissement dans un boitier en plus d'un abonnement mensuel. A 4,99€ l'installation pour Avertinoo, sans frais ou équipement supplémentaire, on comprend pourquoi l'application est devenue leader du marché. A La Réunion, on compte presque dix mille utilisateurs sur le réseau, « un chiffre qui ne cesse d'augmenter », selon Sébastien Poulet-Mathis.

« Comme je suis une délinquante de la route, j'ai acheté l'application... », dit Muriel, en rigolant. La conductrice de 28 ans lance Avertinoo dès qu'elle prend la voiture. C'est son « premier réflexe, avant même d'attacher la ceinture », raconte-t-elle. La conductrice a de l'humour, mais confie être plutôt une utilisatrice raisonnée : « J'utilise l'application avec du recul, c'est un garde-fou, mais pas un moyen de contourner la loi ». Elle avoue dépasser parfois les limitations de vitesse quand elle est pressée. « L'application peut m'éviter d'être verbalisée pour quelques km/h de trop et de ne pas perdre de points ! Les lignes droites nous font parfois oublier à quelle allure on roule ». Alors, incitation à frauder la loi ou moyen de se responsabiliser face à la vitesse ?

Emilie JEAMBLU

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:00

Tanguy ... malgré eux

Un Tanguy est un jeune adulte qui vit chez ses parents par choix, pour le confort matériel. À la Réunion, c’est souvent parce qu’ils n’ont pas les moyens de louer ou d’acheter un logement que ces majeurs restent à la case. A leur corps défendant.

La porte claque, Nathalie, 26 ans vient encore de subir les reproches de sa mère. La jeune femme, sans activité depuis quatre ans, ne sait plus comment s'en sortir. « Tous les jours c'est pareil, je veux partir mais pour aller où ? », se désespère-t-elle. La chômeuse peine à joindre les deux bouts : « Je suis au RSA depuis un an mais c'est comme si je n'avais rien. Tout passe dans les dépenses du quotidien, à la fin du mois mon compte est vide ». Ses recherches n'aboutissant pas et n'ayant aucun autre revenu, elle se sent prise au piège : « J'aimerais tellement travailler pour pouvoir m'en aller, mais j'ai l'impression que je n'y arriverai jamais ». Comme de nombreux jeunes Réunionnais, Nathalie habite encore chez ses parents.
C’était le cas, il y a peu encore, de Thierry, 29 ans. Il a fallu attendre l’obtention d’un CDI pour quitter, enfin, le domicile parental. Mais quelle galère ! Malgré son emploi, le Dionysien va vite déchanter devant le prix des loyers et la lenteur de l'administration pour les logements sociaux. « J’ai attendu presque deux ans pour rien », peste-t-il. Thierry se rabat alors sur un appartement dans le secteur privé. Il a recours à un emprunt pour s'installer et ajoute : «  Parfois c'est difficile, je paye mon studio plus de 400 euros. »
Le prix à payer pour vivre sa vie et prendre un peu de distance avec son père et sa mère. « On se disputait pour un rien, le fait de se voir tout le temps exagérait les choses », raconte t-il. Côté parents aussi, la cohabitation forcée n’est pas facile. Entre Josiane et sa fille de 26 ans, la tension est palpable. « Mi mett pas li dehor parske li va traine la rue», regrette presque la quinquagénaire, divorcée. Même si elle comprend l'impasse dans laquelle se trouve sa fille au chômage. « Dan mon temps navé point toute tracas com zordi ». Elle ajoute, fatiguée : « Ma tout fait pou fé bien viv mon ban zenfan, ester ma besoin un peu le temps pou moin. »
Mais voilà : selon les études de l'Insee, les jeunes qui parviennent à prendre leur indépendance en matière de logement y parviennent souvent grâce à l’aide financière de leurs parents. Josiane n’a pas les moyens de payer deux ou trois mois de loyers d’avance pour sa fille et le bailleur refuserait certainement qu’elle se porte caution, faute de revenus suffisants. Ceci expliquant peut-être cela, entre juin 2010 et juin 2011, le nombre de loyers vacants était en augmentation dans le secteur privé, rappelle l’Agence Départementale d'informations sur le Logement à La Réunion.
Pas de quoi réjouir Lucie, 23 ans. L’étudiante en histoire se préoccupe déjà de son avenir. « Vu le prix des loyers et mon peu de revenus, comment vais-je faire pour partir de la maison », s’interroge-t-elle…

Anne PAJANIANDY

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:35

Qui a posé le premier pied sur la lune péi ?

Neil Armstrong, connu dans le monde pour avoir laissé son empreinte sur la lune le 20 juillet 1969, vient de décéder. Mais savons-nous seulement qui a posé le premier pied sur le paysage lunaire de la Fournaise ?

piedlune.comp.jpgUn paysage désertique à perte de vue. Rien à des kilomètres à la ronde. Rien mis à part cette étendue étrange, rougeâtre à la surface du sol. Vous venez d’atterrir sur la Plaine des sables.  Si les astronautes américains peuvent se vanter d’avoir marché les premiers sur la lune, les Réunionnais s’enorgueillissent, eux, d’avoir la lune à leur pied. Sans toujours savoir, les cordonniers sont les plus mal chaussés, qui a découvert cet « ovni » de la nature.

En 1642, lorsque les premiers hommes débarquent, personne ne veut aller conquérir cet espace dangereux, au nom évocateur de « Païs Bruslé ». Il faut attendre la deuxième moitié du XVIIIème siècle pour que les premiers explorateurs se lancent à l’assaut de cette « chose » – comme ils l’appellent – qui inspire crainte et respect. De ces apprentis-astronautes, l’histoire a retenu quelques noms : Dugain est le premier à arriver au bord de l’enclos (1753) ; Donnelet, le premier à atteindre le sommet du volcan (1760). Jacob, quant à lui, - un esclave accompagnant le Gouverneur de Bellecombe – découvre le bien nommé Pas de Bellecombe. L’un d’eux a surement laissé la première empreinte sur le plateau désertique, faute de vaisseau.

Allô la terre, ici la Plaine des sables

Si cette plaine classée au patrimoine de l’Unesco est souvent comparée au fameux satellite, c’est que la ressemblance est frappante. Sur Facebook, circulent même deux photos, exactement semblables : l’une montre la surface martienne, l’autre les grattons de la Fournaise. A tel point, que la commune de Sainte-Rose est parvenue à obtenir le label international Salm – site analogue lune mars – au congrès de Pékin, en 2010. Une initiative qui permet aujourd’hui aux chercheurs spatiaux d’être « dans la lune » pour tester leurs procédures et leurs matériels avant le vrai départ dans l’espace. Des élèves de l’école de l’air y sont déjà venus pour imaginer une base lunaire. Des Allemands aussi ; mais eux observaient les interactions entre les roches de lave et l’océan, dans la création des premières molécules à l’origine de la vie. Aujourd’hui, c’est une équipe indienne et japonaise qui voudrait se servir du site pour tester ses robots dans les tunnels de lave. Leur tâche sera facilitée : sous la pression des accompagnateurs de moyenne montagne, le Parc national vient d’autoriser les marcheurs à poser le pied hors des sentiers balisés. Un premier pas pour garder la tête dans les étoiles…

Elise FORESTIER

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:28

Dans l'ombre des valides

Alors que les Jeux para-olympiques se sont terminés à Londres, le handisport réunionnais attire de moins en moins de jeunes. Les raisons sont multiples : manque d’intérêt du public, équipement onéreux, transport pas toujours adapté…

handisport.comp.jpg« Le public, s'écrie Bernadette, il n'y a pas de public pour les handicapés. » Un désintérêt qui fait réagir cette championne de pétanque handisport de Saint-Benoit. Le boulodrome où se déroule la finale de doublette connaît  une faible affluence. Les spectateurs se réduisent aux accompagnateurs de la dizaine d'associations présentes. Joseph Gravina, membre du comité régional d'handisport, tente de relativiser : « Quand il y a des journées départementales, nous avons tout de même un public ». La pétanque est l'une des activités les plus prisées. « Comme c'est un sport où un valide peut accompagner un non valide, c'est plus facile à mettre en place » précise-t-il. De nombreux clubs le proposent à leurs adhérents. D'autres sports plus communs sont à la carte : basket, rugby, ou encore athlétisme. Peu médiatisées, certaines disciplines sont plus ou moins méconnues du grand public, comme la boccia. Ce dérivé de la pétanque était présent aux Jeux paralympiques.

Faute de moyens

Mais pour pouvoir s'affronter, il faut déjà se déplacer. Le transport est l’un des problèmes majeurs des associations handisports de l'île. « Nous ne disposons d’un minibus adapté que deux fois par an », regrette Catherine Fontaine, présidente de l'association handisport de Saint-Benoit. Les véhicules homologués n'étant pas toujours accessibles, les associations comptent sur la solidarité des adhérents. Ce n’est pas tout. « Quand on va en métropole, on fait pitié, analyse Marc, 52 ans, ancien champion de La Réunion de basket handisport. Il nous faut un fauteuil spécial et on n’en a pas toujours les moyens. » Un membre de l'association de Saint-Joseph renchérit : « Quand on voit le prix d'un fauteuil, on a envie de se tirer une balle ». Il faut compter entre 3000 et 4 000 euros. Ces contraintes ont fait fondre le championnat de basket réunionnais. Une dizaine d'équipes s'affrontaient auparavant, aujourd'hui seulement trois d'entre elles subsistent.

Peu de jeunes sportifs handicapés

Il existe à la Réunion une vingtaine de clubs handisports pour environ 300 adhérents, des structures où les jeunes se font rares. « Ils sont pour la plupart dans des centres d'éducation spécialisés et n'ont pas forcément le temps », argumente Catherine Fontaine. Les modes de vie actuels incitent certains à rester « devant l'ordinateur chez soi », estime en outre Joseph Gravina. « Ils n'ont pas envie de montrer leur handicaps ».
Ce n'est pas le cas de Samuel, 22 ans. Le sport est un moyen pour le jeune handicapé de rester actif. Basketteur, il s'entraine une fois par semaine avec quatre coéquipiers dans une équipe, qui n’est pas inscrite pas au championnat régional. « S'il y avait possibilité, j'aimerais participer », sourit-il. Pour lui, le handisport a autant de valeur que le basket pour valides : « Quand tu es sur un fauteuil, ce n’es pas évident de combiner le ballon et les joueurs ». Lui a suivi avec passion les Jeux paralympiques de Londres et rêve de faire un jour aussi bien que Gaël Riviere. Le Réunionnais originaire de Saint-Benoit et pilier de l'équipe de Cécifoot est revenu médaillé d’argent !

Michael RIVIERE

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:26

Le rêve australien

Meilleurs salaires et plus d’opportunités. L’Australie est devenue l’eldorado des jeunes Réunionnais qui ne veulent plus rentrer chez eux. Mais pas facile d’y rester.

La belle vie : du travail à foison, des cases pas chères et une île bien plus vaste que l’Europe.  Nous sommes à Perth, où les Réunionnais trouvent leur bonheur depuis plusieurs années. À une dizaine d’heures de vol de Saint-Denis, la ville est située sur la côte ouest de l’Australie. La ville accueillerait entre 50 et 100 jeunes du département chaque année. La raison majeure n’est pas seulement l’université de Murdoch mais aussi le grand nombre de petits boulots dans la restauration qui payent « super bien », comme l’estime Angélique, 25 ans, originaire de Saint-Denis. Des salaires qui autorisent une colocation dans une grande maison entre la plage et la ville. Le but pour un bon nombre de Réunionnais est de s’installer pour de bon. Angélique qui vit depuis 5 ans à Perth, est serveuse depuis quelques années et gagne plus de 20$ de l’heure (environ 16 euros).  « On est nombreux à faire ce genre de travail et financièrement on se débrouille toujours bien, affirme-t-elle. Je serai encore plus heureuse dans quelques mois quand je donnerai des cours de yoga ».  Même si ces jeunes ne sont pas imposables, ils sont soumis à un prélèvement à la source. Des économies forcées puisque, jackpot surprise à la fin de l’année, 3000$ peuvent leur être remboursés. Selon Maxime, 24 ans, originaire de La Montagne, qui travaille à la fois dans la comptabilité et la restauration, c’est aussi l’accueil et la gentillesse des australiens qui lui ont donné envie de rester.  Le processus commence à La Réunion, à l’aide d’organismes tels que RunAustralia. Implantée à Sainte-Clotilde, la société a pour mission de prendre en charge les formalités pour partir en séjour linguistique, poursuivre ses études ou profiter du Visa Tourisme Travail. La société prend entre 100 et 150 euros pour ses services. « Le Working Holiday Visa permet aux jeunes de travailler tout en voyageant pendant un an ou deux, explique Chloé Guay, la directrice assistante de RunAustralia. C’est le visa le plus demandé  qui permet aux jeunes de tester le niveau de vie australien. »
Pierre-Louis, 24 ans, dont les parents habitent à Montgaillard, n’a pas pu continuer ses études à Perth car elles étaient trop coûteuses.  Maintenant basé à Paris, il refuse de rentrer à La Réunion mais rêve de repartir au pays des kangourous.

Un visa onéreux
Une fois installés à Perth, les jeunes se retrouvent souvent entre eux. De ce fait, il existe aujourd’hui une association australienne dédiée à cette diaspora. Reunionese Association in Australia se joint à de nombreux évènements afin de faire découvrir la culture et la nourriture créole à Perth. « Nous estimons qu’il y a près 1000 Réunionnais à Perth », annonce Carole Rakotonirina, coordinatrice de l’association. Une véritable communauté réunionnaise vit donc le rêve australien. Mais le rêve s’achève souvent prématurément.
Le Working Holiday Visa est valide un an seulement, prolongeable d’une année supplémentaire si l’on travaille pendant trois mois dans une ferme dans la campagne australienne : le fruit-picking. Le travail le plus commun est la cueillette de fruits du lever au coucher du soleil pour lequel étrangers gagnent 10$ par jour. Épuisant lorsqu’il s’agit de pastèques. Ce fut le choix de Nora, 27 ans, originaire de Montgaillard, qui entame sa deuxième année en Australie : « J’ai cueilli des fruits, travaillé au marché, posé du fil de fer et conduit un Bobcat mais ça en vaut la peine! ».
Pour obtenir une résidence permanente, les options sont limitées.  Le plus simple est de se faire sponsoriser par son employeur, ce qui n’arrive pas souvent. Cela coûte entre 3 et 8000$ à l’employeur qui doit également prouver que son employé lui est indispensable. Il existe également une liste de métiers (modifiable selon le besoin de l’Etat) pour lesquels le gouvernement australien est prêt à donner la résidence (comptable, ingénieur, chirurgien, infirmière…). Pas évident non plus. Ensuite, il reste l’option du visa « de facto » (2060$) dans le cas où l’on peut prouver une année de vie commune avec un(e) Australien(ne). Après deux ans, il est possible de demander la résidence, ce qu’a pu faire Angélique, qui habite avec son copain originaire de Perth. Maxime, lui, a choisi le métier de comptable inscrit sur la liste de l’Etat. Il sera résident permanant dans quelques mois. Pour ceux qui parviennent à rester dans cet eldorado australien, il n’est malgré tout pas question d’oublier leur petite île d’origine. « J’avoue que La Réunion me manque souvent ; je pense que c’est là-bas que je finirai ma vie », termine Angélique.

Soe HITCHON

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:19

L’épreuve du feu

Incendies de champs de cannes, de maisons de voiture ou encore du Maïdo. Derrière ces feux, et au fil d’expertises psychologiques, l’ombre se lève : ces  pyromanes ne  savent pas gérer leurs émotions.

Pyromanie : impulsion caractérisée par une envie irrépressible d’allumer des feux.  Un stimuli qu’a dû ressentir l’auteur des incendies du Maido.  Pourtant, ces actes ne sont souvent pas prémédités. « La plupart des cas sont le fait de personnes souffrant d’une légère déficience mentale, relève Olivier Gillod, psychothérapeute au centre pénitentiaire de Saint Denis. Elles n’ont pas ou peu de capacité cognitive, comme le jugement ou le discernement. »          
Selon le psychothérapeute, elles ne se rendent pas compte qu’en allumant un incendie, elles mettent la vie d’autrui en danger.  Pour quelqu’un de simple d’esprit, le feu exerce un véritable pouvoir de fascination. « J’ai eu l’idée en regardant des clips à la télé où il mettait le feu dans des voitures, ça me fascinait »,  racontait le « pyromane de la rue de l’est » lors de son procès l’année dernière. L’homme avait été trahi par les vidéos qu’il avait prise avec son portable. Le passage à l’acte répond aussi souvent à un sentiment de frustration. C’était le cas de ce dernier : un jeune homme en conflit avec ses parents, rejeté par sa petite amie. « J’ai voulu attirer l’attention sur moi », témoignait-il devant la cour.

« Comme un signal de fumée »

Pour Laurent Denizot, psychiatre au Centre hospitalier universitaire de Bellepierre, ces malades éprouvent un sentiment de puissance et de plaisir à allumer le feu et le voir se propager. Même si en thérapie, ils nient souvent l’avoir ressenti.  « Un pyromane est quelqu’un qui a dépassé le stade d’une première fois, s’il a découvert que ça lui plait il aura tendance à réessayer. »  Il peut exister une certaine perversion dans cet acte, qui peut se rapprocher des pulsions sexuelles : « On a du mal à s’en empêcher, c’est un déterminisme inconscient ».  À l’inverse d’Olivier Gillod, Laurent Denizot estime que peu de choses suffisent pour commencer : un épisode dépressif, un traumatisme… « Les pyromanes ne sont pas des malades atteints de trouble psychologique ou mentaux, assure-t-il,  c’est une conduite ». Elle peut être révélatrice d’un certain mal être, et « mettre le feu, pourrait s’approcher d’une appel au secours, comme un signal de fumée ».           
Même si cette volonté d’allumer des incendies est difficilement répressible, elle est curable. Pour  Olivier Gillod, les soins se basent sur des exercices visant à réapprendre les interdits de la société, «  On essaie de travailler sur le discernement, c’est du socio-éducatif surtout ».  Il existe aussi des thérapies cognitivo-comportementales, plus utilisées chez le Laurent Denizot : «  On met en place une série de stratégies pour cibler le symptôme et le désactiver ». Mais pour éteindre ces pulsions, il faut souvent des années de traitement.

Sarah BARET

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:15

La route est encore longue

Alors que le prix de l’essence ne cesse d’augmenter, la voiture hybride apparaît comme une possible transition vers l’avenir. Pour le tout électrique, il faudra attendre.

voiturehybride.comp.jpgEt hop, encore une petite augmentation du diesel et de l’essence à La Réunion… « Il est évident que les prix ne vont faire que grimper, au vu des ressources pétrolières » constate Jean-Pierre Marchau l’ancien porte-parole d’Europe écologie les Verts à La Réunion. Un facteur qui selon lui « contraindra les automobilistes à changer leurs habitudes ». La clé de ce changement pourrait être les voitures électriques ou hybrides.

A l’heure actuelle, trois constructeurs automobiles proposent à La Réunion des modèles hybrides, dont les moteurs alternent essence et électricité : Toyota, leader mondial en la matière, Honda et depuis peu Peugeot. Ici, comme dans le reste du monde c’est le numéro un japonais qui domine le marché. Premier arrivé avec la Prius voilà deux ans, le concessionnaire propose aujourd’hui de nouveaux modèles. « Depuis que la Région a baissé l’octroie de mer sur l’importation de voitures hybrides, nous avons pu développer et diversifier l’offre » explique François Malgras, chef de vente chez Toyota. Plusieurs raisons poussent les consommateurs à délaisser leur moteur à combustion. « Les modèles sont plus compétitifs et participent à une forme de conscience écologique », remarque le chef de vente. Mais c’est le prix du carburant qui est réellement décisif. « Deux mois après chaque augmentation, les ventes explosent ».

Pour Philippe Sauce, propriétaire d’une Prius III depuis un an, « il n’y que des avantages ». Outre le confort, le silence et les économies (en moyenne entre 4 et 5l/100km), il recherchait avant tout un gage de qualité. « Participer à une action écologique, c’est la cerise sur le gâteau », admet-t-il.

Vers le tout électrique

Une croissance du marché certes, mais que Jean-Pierre Marchau nuance. « Les voitures hybrides s’adressent à une certaine catégorie sociale un peu bobo ». Il est vrai qu’il faut compter minimum entre 20 et 30 000 euros pour s’en offrir une. « Mais elles peuvent constituer une bonne transition vers le tout électrique », concède-t-il.

Au delà de l’aspect pécuniaire, « il faut changer le cadre et les mentalités ». C’est d’ailleurs la mission ambitieuse que s’étaient fixée le gouvernement et la Région en 2010 par le biais du projet Vert (Voiture électrique pour une Réunion Technologique) au sein du programme Gerri. Projet avorté, puis relancé par Victorin Lurel, ministre de l’Outre-mer, lors de sa récente visite juillet dernier. Le maitre mot est autonomie énergétique. « Un projet qui n’a pas de sens si on ne touche pas au mode de déplacement, argue l’écologiste. Même si La Réunion était convenablement équipée, il faudrait que les automobilistes soient prêts à adopter une conduite plus citoyenne, à oublier le côté vroum vroum de la voiture ». D’où la nécessité de mener un travail en parallèle pour donner envie. Le projet Vert est audacieux. A l’horizon 2030, la Réunion pourrait être le premier territoire au monde à rouler largement en voiture électrique. La recharge serait organisée autour de fermes photovoltaïques. « Un défi presque utopique ».

Utopique c’est vrai. La Réunion perd peu à peu non seulement son autonomie énergétique mais troque le propre pour le charbon. Un paradoxe que déplore l’écologiste : « A l’heure actuelle ça pollue moins de rouler en voiture à combustion qu’en électrique ».

 Cependant, contrairement aux idées reçues, il est possible de trouver dans l’île des voiturettes ainsi que des scooters à brancher sur secteur.  Les mini-voitures de la marque Mia font moins de 50cm3 et peuvent se conduire sans permis. Pas mal. Même si elles ressemblent plus à des jouets électriques qu’à des voitures.

Lucian COLLIENNE

 

 

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 14:03

Jouir à la gym, c’est possible !


Faire du vélo, des abdos ou du jogging… Autant d’activités qui permettraient aux femmes d’atteindre l’orgasme selon une étude américaine publiée récemment.


orgasmepetit.jpgOubliées masturbation, caresses ou pénétration… Mesdames, vous pouvez rencontrer l’orgasme en dehors de toute activité sexuelle. Une étude fraichement publiée dans la revue Sexual and Relationship Therapy par des chercheurs américains a identifié l’OIE, l’orgasme induit par l’exercice. Grimper à la corde, faire du yoga et des abdos provoqueraient du plaisir.

Selon l’étude, plus de la moitié des femmes interrogées ont ressenti du plaisir lors de séances d’abdominaux, plus particulièrement avec l’exercice de la chaise du capitaine. Rien à voir avec une position du Kamasutra.  La figure consiste à ramener les genoux jusqu’à 90° par rapport au corps. Expérience faite avec quatre Réunionnaises, d’âges différents. Pendant une dizaine de minutes, nos quatre testeuses vont enchainer abdos au sol, en croisant les jambes, en les ramenant au niveau du corps et vont expérimenter la fameuse chaise du capitaine. Le tableau est plutôt cocasse.

Verdict : les deux plus jeunes n’ont pas goûté à l’ivresse promise. « On a plus mal aux jambes qu’autre chose », s’amusent Céline et Amélie, 23 et 24 ans. Même constat pour Corinne, 49 ans : « Je ne fais pas beaucoup de sport alors là, j’en peux plus ! ».

La dernière, Léïla, garde un petit sourire aux coins des lèvres. « En croisant les jambes, j’ai senti quelque chose», confie la jeune femme de 35 ans, un brin embarrassée.

Il n’y a pas que le sport qui mènerait au septième ciel. Quelques petits tours de passe-passe avec votre enveloppe charnelle stimuleraient les zones érogènes. «Un jour, j’étais allongée sur le ventre et je contractais mon vagin, sans but précis. J’ai eu un spasme vraiment intense », livre Léïla. Et de se souvenir : « Ça m’a bouleversée, je ne m’y attendais pas ! J’ai tenté de trouver l’orgasme par la suite, surtout quand j’étais célibataire ».

Le plaisir solitaire n’a plus rien d’extraordinaire. Corinne l’a elle aussi travaillé, sans directement se caresser : « En croisant les jambes et contractant mon entrejambe, j’ai déjà ressenti du plaisir». Et d’ajouter amusée : « Bon après je le fais pas en public mais ça m’est déjà arrivée de provoquer ces sensations».

Voilà une bonne raison de sortir ses baskets du placard. Avis aux amatrices !

Elodie Martineau

 

 

Abdos, les plus excitants

L’étude publiée dans la revue Sexual and Relationship Therapy par des chercheurs américains a porté sur 124 femmes qui ont déclaré avoir fait l’expérience d’un orgasme induit par l’exercice (OIE) et 246 femmes qui ont ressenti un plaisir sexuel induit par un exercice physique (PSIE). Ces femmes étaient âgées de 18 à 63 ans, la plupart étant mariées ou ayant une relation et 69% déclarant être hétérosexuelles.

Les résultats :

- 40% de ces femmes qui ont fait l’expérience d’un OIE et d’un PSIE l’ont ressentie plus de 10 fois.
- La plupart des femmes ont déclaré conserver un certain degré de conscience du phénomène lorsqu’elles réalisaient des exercices physiques en public. Pour 20% d’entre elles, cette expérience a échappé à leur contrôle.
- La plupart des femmes ayant ressenti des OIE ont déclaré qu’elles n’avaient alors aucun fantasme sexuel et qu’elles ne pensaient pas à une personne à laquelle elles étaient attachées lorsqu’ils se sont produits.
- 51,4% des femmes ayant expérimenté des OIE ont dit que ces orgasmes étaient liés à des exercices abdominaux. Les autres les ont ressentis en relation avec des exercices d’altères (26,5%), de yoga (20%), de vélo (15,8%), de course à pied (13,2%) et de marche ou randonnée (9,6%). 

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