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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:16

Sauvé par le TIG !

 

La ministre de la Justice Christiane Taubira vient de rappeler son souhait de « sortir du tout carcéral ». Parmi les alternatives à la prison, le Travail d’Intérêt Général. Auteur d'une fausse alerte à la bombe, Jean a bénéficié de cette mesure. Un soulagement, une nouvelle vie.

 

tig.petit.jpgBalayer, ratisser, ramasser les feuilles. Jean* tire sa poubelle en sifflant mais ne chôme pas. Sa journée de Travail d'Intérêt Général, commencée très tôt au service de l'environnement de la ville de Saint-Leu, va bientôt s'achever. Il se retourne pour contempler son travail. « Jamais je n'aurais cru être fier d'avoir nettoyé une rue ». Le jeune homme de 24 ans qui menait une vie sans contraintes, ni grandes responsabilités, est passé « d'une vie de bohème, à la quatrième dimension ».

« Je suis un déconneur, fanfaronne le street artist, toujours partant pour faire des blagues de potaches ». Mais la dernière provocation du jeune fêtard est allée beaucoup trop loin. « Au cours d'une soirée bien arrosée, j'ai appelé la police et j'ai fait une fausse alerte à la bombe ». Quand il déclare, depuis une cabine publique, dans un anglais impeccable « Al Quaïda n'est pas mort, Ben Laden n'est pas mort, une bombe va exploser à Orly à 17h59 », il est plutôt content de sa plaisanterie. Mais ne s'imagine pas la suite des évènements. Il fait même un dernier achat à la station service d'en face, en payant par carte bancaire.

 

Dans la quatrième dimension

 

La nuit s'étire, chacun rentre cuver son vin. Le retour à la réalité est plutôt rude pour le farceur qui reçoit, à son réveil, un coup de fil de son père. « Il m'a dit d'un ton grave qu'une perquisition avait lieu chez lui, tout m'est revenu en mémoire ».

Suivront 24 heures de garde-à-vue avec la section de recherche du commissariat de Saint-Denis et un fichage dans les règles de l'art avec photos, relevés d'empreintes, prélèvements ADN. Puis, c'est la présentation au tribunal pour « fausse information dans le but de faire croire qu'une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise ». La sanction tombe : 210 heures de Travail d'intérêt Général. « Je m'en sors très bien et je peux dire aujourd'hui que cette peine m'a sauvé la vie ».

 Jean ne voit que le côté positif de cette expérience. « Je ne suis plus le même. J'étais toujours prêt à dépasser les bornes. J'ai appris à me lever pour aller bosser à 5h du matin, à respecter des horaires, des règlements ».

Il a aussi appris à abandonner ses préjugés. Pas facile de faire partie de l'équipe de balayeurs de la ville qui l'a vu grandir. « Mes copains sont venus prendre des photos et les ont mises sur FaceBook. Ils pensaient me faire honte, mais ils n'ont pas compris que j'étais passé à autre chose ».

Le jeune homme a surtout gagné en humilité. « J'ai rencontré des gens formidables qui ne m'ont pas jugé. J'ai lié des amitiés avec des gens que je n'aurais jamais rencontrés autrement ». Une belle leçon de choses.

Anne LORIAUX

 

* prénom d'emprunt

 

Ce que dit la loi :

Institué par la loi du 10 juin 1983, le Travail d'Intérêt Général est prononcé par le Tribunal correctionnel ou le Tribunal de police, en accord avec le prévenu. C'est une peine alternative à l'incarcération qui consiste en un travail non rémunéré au sein d'une association, d'une collectivité publique (État, région, département, commune), d'un établissement public (hôpital, établissement scolaire…) ou d'une personne de droit privé, chargée d'une mission de service public.

Les peines vont de 20 à 120 heures pour une peine de police ; de 40 à 210 heures pour une peine correctionnelle.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:10

Pôle Emploi coupable ?

 

Un chômeur parisien a porté plainte contre Pôle Emploi, condamné pour « manquement à l'obligation de suivi. » À La Réunion, 95 postes d’agents vont être créés pour faire face à la demande. Les chômeurs se sentent pourtant délaissés.  

 

pole.emploi.petit.jpgIl est tout juste 8h ce matin au Pôle Emploi de Saint-Denis. La salle d’attente se remplit à vue d’œil. « Il faut vraiment se bouger pour pas rester sur le carreau », analyse Franck. Un mois tout juste que ce chômeur de 35 ans vient ici. Son employeur a mis la clef sous la porte. « Je cherche une offre d’ambulancier, d’aide à la personne. L’aide à la personne…  C’est pas le fort ici. » Quand on lui demande comment Pôle Emploi l’aide, il rit jaune. « Il faut se débrouiller par soi-même. C’est simple, je viens pour valider ce que je trouve. Je fais un énorme travail de mon côté, et ensuite, je dépends de leur décision.»

David attend également son tour. Agent d’accueil au Théâtre de Champ Fleuri, il bénéficie déjà de Chèques Emploi Service. « C’est pas grand-chose, 7h par semaine pour arrondir les fins de mois. Et parce que j’aime bien regarder les spectacles. »  L’administration lui demande d’y renoncer pour percevoir ses allocations. Ce matin, le Dionysien espère faire plier son conseiller. Loin de se sentir aidé, il a l’impression qu’on lui met des bâtons dans les roues. « Cela fait quatre ans que je travaille au théâtre, j’aimerais qu’on me laisse chercher un emploi en parallèle. Je vois pas où est le problème. »

Cas inédit en France, un chômeur a récemment porté plainte contre l'institution pour « manquement à l'obligation de suivi. » Il a remporté son procès. Cette démarche met le doigt sur les difficultés de Pôle Emploi à accompagner les demandeurs et à leur proposer des formations.

 

Pas de suivi pour 50% des chômeurs

 

A La Réunion, « seuls les demandeurs dans des secteurs en tension ont droit à être reçus », livre Jérôme Payet, délégué syndical du SNU Pôle Emploi. Selon lui, « la moitié des usagers ne bénéficie pas de suivi. » Le syndicaliste déplore cette situation. Chiffres à l’appui, il explique pourquoi l’équation ne fonctionne pas. « Nous sommes 1000 agents. Même pas tous destinés à l’accompagnement, la direction a élaboré une vraie machinerie ! Les agents font de leur mieux, mais à l’impossible, nul n’est tenu. »
L’impossible, en effet : à La Réunion, un tiers de la population active ne travaille pas. Le taux de chômage atteint 60% chez les 15-24 ans, un record en Europe. Et la situation ne s’améliore pas : le chômage a poursuivi sa progression en juillet pour le cinquième mois consécutif. Il atteint son niveau le plus haut depuis 1999, avec 127 000 demandeurs d’emploi de catégorie A.
Sylvie, ancienne secrétaire de direction, sort de Pôle Emploi le front plissé. A 44 ans, elle vient consulter les offres deux fois par semaine. De quoi être découragée. « Je reçois des courriers, mais je n'ai pas de lien avec une vraie personne. » Elle livre une vision non édulcorée de l'institution. « Ici, on vient surtout pour être mis dans des cases et savoir si on aura droit à une allocation. Rien de plus. Les agents n'ont pas le temps. » La direction de Pôle Emploi non plus, visiblement, qui n’a pas souhaité s’exprimer sur ces dysfonctionnements...

Marie CLOUPET

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 07:41

70% de réduction, 0% de séduction


Les achats groupés prennent de plus en plus d'ampleur sur la toile. Ces sites, dont le plus populaire reste Groupon, ont débarqué sur le web réunionnais depuis l'année dernière. Vêtements, hôtels, restaurants, soins du corps, tout est réduit. Mais les Réunionnais ne sont pas encore séduits.

sitegroupepetit.jpgGroupanoo, Happyrun, Réunibon, Les bons plans du Quotidien, Groupon Réunion ou encore Réunion-nou, voici les six sites d'achats communautaires de l'île. Si le concept fait un malheur en métropole, il n'en est qu'à ses débuts à La Réunion. Le système d'achat groupé consiste à réunir plusieurs personnes souhaitant acquérir un même produit ou service. Plus le nombre d'acheteurs est élevé, moins la prestation sera chère. Pour accéder aux offres rien de plus simple : l'internaute-consommateur entre son mail et ses coordonnées bancaires et c'est parti ! Une fois le seuil de demandes minimales atteint et l'offre arrivée à terme, l'achat ou « deal » est validé et l'acheteur reçoit un bon à imprimer dans sa boîte mail. Toutes les étapes franchies, il n'a plus qu'à prendre rendez-vous et à se présenter à l’enseigne muni de son coupon.

Céline, 22 ans, est arrivée sur l'île depuis moins d'un an : « En métropole, dès que l'occasion se présentait, j'allais sur Groupon. Pour un resto entre amis, je regardais les offres et on payait beaucoup moins cher ». L'étudiante regrette que ces sites ne soient pas assez développés sur l'île : « Depuis que je suis à La Réunion, je n'ai pas profité des offres groupées. Elles ne sont pas très intéressantes et il y en a peu ». En se rendant sur le site de Groupon Réunion, l'offre du jour concerne une réduction sur un forfait dans une salle de gym de Saint-Pierre. Le prix est attrayant : 19 € au lieu de 90 € et pourtant à 7 heures l'échéance, le compteur n'affiche que 6 acheteurs. En naviguant sur les autres sites, les offres ne varient pas réellement. Massage, coiffure et bien-être constituent la majorité des services proposés. Contrairement à la métropole, les entreprises réunionnaises ne semblent pas oser passer le cap.

Du mal à décoller

Raïssa Boyer gère, avec son partenaire, Réunibon. L'ancienne Miss Réunion est une adepte. Durant ses études en métropole, elle ne jurait que par les offres groupées allant jusqu'à -70 %. De retour sur l'île elle se lance dans l'aventure en créant son propre site. « Ça commence à marcher ; les Réunionnais, comme les autres, veulent profiter des prestations à petits prix », assure la jeune entrepreneuse. Mais le site est actuellement en « maintenance », donc inaccessible et le volume d’échanges plutôt réduit… « Il faut démarcher les entreprises car elles ne connaissent pas très bien le principe de ces offres », admet Raïssa Boyer.

Chez J-F Lazartigue, salon de coiffure du chef-lieu, qui a posté des offres sur Groupanoo, on est satisfait. « On donne l’occasion aux internautes de découvrir le salon, c'est un excellent moyen de communication », estime une employée. Pour Virginie, en revanche, casser les prix jusqu'à -66% ne rapporte pas vraiment. « C'est sur, cela ramène des clients, j'ai parfois 30 personnes pour une même prestation, reconnaît la gérante d'Akoanail's. Mais nos marges sont faibles, on travaille même parfois à perte mais mieux vaut ça que rien »…

Christelle FLORICOURT

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 14:10

Le scandale des pièces détachées


Jusqu’à huit fois plus chères à La Réunion qu’en métropole ! Pour réparer sa voiture et acheter des pièces détachées, mieux vaut profiter d’un voyage dans l’Hexagone, ou commander sur internet.


La différence est énorme. Un radiateur de Citroen C3, 1.4 litre HDI, vaut 183 euros dans une concession à Strasbourg, à la Réunion le prix affiché est de 272 euros. Même constat chez un autre constructeur : la pipe d'admission pour une Mercedes C 220 reviend à 1137 euros chez un revendeur local contre 770 euros chez son homologue métropolitain. Pour chacune de ces deux pièces, le compteur affiche + 67% pour la Réunion !

Selon Sikander Badat, gérant de Général Auto, enseigne de pièces détachées, « cette différence de prix est due l'octroi de mer qui va de 30 à 50% et à la marge du concessionnaire qui se situe entre 20 et 50% ».

Face aux tarifs pratiqués par les revendeurs sur le département, certains usagers se tournent vers des sites de vente en ligne. Corine Boyer, à Sainte-Marie, est indignée : « Je devais payer 83 euros pour changer mes essuie-glaces dans une concession du Chaudron. Alors que sur le site internet Mr Auto, le même produit coûtait 14 euros, sans frais de livraison ». Un bémol tout de même : certains garagistes refusent d’effectuer les réparations d’un véhicule lorsque les propriétaires ont commandé leurs pièces sur Internet.

D'autres n'hésitent pas à transporter leurs pièces dans leurs valises. Rodolphe Lebon, habitant de Sainte-Clotilde, a profité de son voyage dans le sud de la France : « Oon est parti en famille et au retour chacun a ramené un disque de frein pour ma voiture. Cela m'a permis d'économiser un peu plus de 500 euros. En plus nous n'avons rien déboursé pour les frais de transport ».

L'observatoire des prix et des revenus a décidé de prendre les choses en main. Sa présidente Marie-Christine Tizon affirme : «Ll'observatoire des prix et des revenus a choisi le prix des pièces détachées comme premier thème d'étude cette année. Nous avons déjà remarqué que  le prix de certaines pièces étaient jusqu'à huit fois supérieur à celui de métropole. C'est difficilement justifiable ». L'observatoire souhaite comparer plusieurs échantillons et distinguer clairement la composition des prix. Alors qu'un cahier des charges est en cours d'élaboration, l'enquête débutera au mois d'avril et les résultats devraient tomber en septembre.

Julien Andy

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 15:31

Le petit jeu des étiquettes

 

Alors que les négociations allaient bon train en préfecture sur la liste des 60 produits solidaires, les étiquettes des 250 produits de la liste Cospar, dressée en 2009, ont miraculeusement réapparu dans les rayons…

 

cosparetiqu.jpgLundi 27 février, sortie du supermarché Leclerc, à Sainte-Marie. « Ils ont mis les étiquettes Cospar quelques mois pour nous boucher les yeux et après plus rien ! », se désole Monique. Dans son caddie, des produits de toutes sortes. Les Cospar, elle ne cherche même plus à les avoir. « Je n’ai vu aucune différence de prix et puis, de toute façon, je ne sais même plus quel produit est concerné », lâche la consommatrice.

 

Entrée dans la grande surface. Au rayon eau, où les bonbonnes de 5 litres Edena et Australine devraient être pointées par une étiquette Cospar, il n’y a rien. Direction le rayon des pâtes et du riz. Même constat : aucune vignette n’indique les produits censés subir une baisse des prix. Au rayon frais, toujours rien. Ni les viandes, ni les yaourts ne sont étiquetés Cospar.

 

Chez Carrefour, à Sainte-Clotilde, même désert. Aux rayons eau, féculents, produits frais et hygiène, aucune mention Cospar ne signale les produits listés. Céline, jeune Réunionnaise qui vient de rentrer de métropole après ses études, a choisi ses articles en fonction des prix affichés. «Je n’étais pas ici quand la liste a été faite et il faut avouer que maintenant, rien n’est fait pour nous informer », confie-t-elle désabusée.

 

A Jumbo Sainte-Marie, c’est la surprise ! Plusieurs étiquettes rouges indiquant « produits liste Cospar » sont fixées sur les étals. Jambon, produits ménagers, aliments pour bébés... Mais l’initiative reste assez bancale. Les vignettes Cospar manquent à certains rayons comme celui des yaourts ou de la viande. Ainsi, le pack de 12 yaourts nature Danone ou Yoplait passe à la trappe. Idem pour le lot de deux poulets Ti Gayar.

 

Des étiquettes mal placées

 

Autre bizarrerie : certaines mentions Cospar se trouvent devant des produits qui ne figurent pas sur la liste, comme les échines, les escalopes de porc, les merguez et les chipolatas. De quoi induire les consommateurs en erreur. 

 

Mais ces derniers ne sont pas dupes. Michel, qui fait ses emplettes au rayon frais justement, n’a même pas porté attention aux étiquettes Cospar. «Ils viennent de les mettre pour rassurer la population et avoir les associations de consommateurs dans la poche», lance-t-il un sourire au coin des lèvres.

 

Et Michel n’a pas tort ! Le lendemain, alors que la liste des 60 produits solidaires est rendue publique. Jean-Hugues Ratenon, président de l’alliance des Réunionnais contre la pauvreté,  part, médias sous le coude, procéder aux mêmes vérifications. Et c’est Leclerc qui tire le gros lot. Dans la nuit, d’un coup de baguette magique, les petites étiquettes rouges sont apparues dans les rayons du supermarché de Sainte-Marie. Le décor idéal pour accueillir les représentants Cospar … et les caméras.

 

Elodie MARTINEAU

 

Cospar : du pipeau


Tout comme la liste des produits solidaires, la liste Cospar n’a servi qu’à apaiser quelques tensions. Peu nombreux sont les Réunionnais à profiter de cette baisse des prix annoncée en 2009. La faute aux étiquettes Cospar restées bien au chaud dans leurs dépôts. La faute également aux prix, qui ne sont pas les mêmes pour chaque enseigne et qui déstabilisent les consommateurs. Comment savoir si la baisse est véritablement appliquée alors que chaque magasin affiche un prix différent ? 

 

Un exemple : le pack de 12 yaourts nature Danone qui devait voir son prix diminuer de 5%. Chez Leclerc, il est fixé à 3,50 €. Comptez 3,58 € à Jumbo et 3,69 € à Carrefour. Entre le prix affiché à Leclerc et celui annoncé par Carrefour, il y a déjà une différence de 5,4 %. Difficile pour les consommateurs de déterminer s’il y a ou non une véritable hausse de leur pouvoir d’achat.

 

Et c’est sans parler du caractère des articles listés qui n’ont pas tous grand-chose à voir avec des produits de première nécessité. Si les produits frais comme les légumes et le poisson à la coupe manquent à l’appel, les marques de condiments, elles, sont bien présentes sur la liste Cospar. Exemples : la moutarde Maille à l’ancienne de 235 grammes qui coûte 2,15 euros chez Jumbo, les petites briques de lait vanille céréales pour bébé de Nestlé de 250 ml chacune, à 2,30 € chez Jumbo ou encore le sac de croquettes pour chien Pédigree 100% bœuf. Des produits que l’on retrouve chez tous les Réunionnais !?

Reste à voir si les 60 produits solidaires qui verront leur prix baisser le 12 mars aideront vraiment les consommateurs à étoffer leur panier ou s’ils finiront, dans quelques temps, comme leurs ancêtres Cospariens.

 

E.M.

 

 

 

 « C’est du vol »


Les Réunionnais n’ont qu’un mot à la bouche : la vie chère. Mais si les prix font débat, les petites arnaques, elles, passent à la trappe. Certains consommateurs se sont plaints du poids de quelques produits qui serait surévalué sur les contenants. Marie-Hélène Virapinmodely en a fait les frais. « J’ai acheté un baril de riz de 5 kilos, je l’ai pesé. Finalement, il n’y’a que 4,5 kilos environ », garantit la consommatrice. Le test a été réalisé sur un pèse-personne, ce qui peut biaiser le résultat mais Marie-Hélène est sûre d’elle.

Par curiosité, elle a testé d’autres produits. La Dionysienne a posé un sachet d’ail pré-pesé qui indique 500 grammes sur une balance de fruits et légumes du même supermarché. Au final, elle n’affiche que 450 grammes. « C’est du vol. Sur un kilo, ils gagnent 100 grammes ! C’est inadmissible», lance-t-elle.

Elle n’est pas la seule à avoir été surprise par ces quantités surévaluées. Maureen, serveuse dans un restaurant, a déjà fait cette expérience avec un paquet de serviettes en papier. « Lors d’une réception, j'ai pris un paquet de 50 serviettes de table. Il en manquait une ! A ce moment-là, on se dit : même pour un bout de papier, on nous vole !»

Nous avons voulu vérifier la tendance sur quelques produits. Dans notre panier : une boite de 200 cotons-tiges, un rouleau de 10 sacs poubelle, une brique de crème fraiche de 20cl, un sachet de salades pré-trié et pré-pesé, 1 kilo d’orange en filet pré-pesé et un sachet de pâtes de 500 grammes.

Résultat : Rien à signaler sur les cotons-tiges, les sacs poubelles, la crème fraiche, le kilo d’orange et le sachet de pâtes. En revanche, le sachet de salades pré-pesé qui annonce 175 grammes n’en fait que 152 sur une balance pour fruits et légumes de supermarché.

E.M

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:00

« Il n’y a jamais eu d’enquête »

 

Pourquoi, alors que transporteurs et particuliers protestent contre la vie chère ces derniers jours, le prix du litre d’essence et de diesel est-il le même dans toutes les stations de l’île ? Est-ce normal dans notre pays où, la  concurrence étant la règle, les ententes et abus de position dominante sont interdits et réprimés par la loi ?


Comment est organisé le secteur pétrolier sur notre île ?


Il s’articule autour de trois métiers. L’importation est gérée par quatre opérateurs qui achètent leur carburant au même prix au départ (Total Réunion, Libya Oil Réunion, SRPP, Engen Réunion). Le stockage est effectué par la SRPP (qui possède les cuves au Port). La distribution de détail est assurée par un réseau de stations services (148, réparties sous cinq enseignes).

 

 Plusieurs acteurs, mais qui ne se font pas concurrence sur les prix…


La grande différence avec la métropole, c’est qu’ici, le prix est réglementé. Le préfet fixe les prix et les marges maximum que peuvent pratiquer les différents professionnels du secteur. Aujourd’hui, chacun applique la marge maximum fixée par le préfet. Il est vrai que ça ressemble à un consensus informel général de la profession pour s'aligner sur les mêmes prix. On peut tout imaginer, mais on ne peut pas leur reprocher de s’aligner. Car si un détaillant perturbe le système, il sera pris d’assaut par les consommateurs, mais il sera lynché par ses concurrents !

 

La DGCCRF a-t-elle enqueté pour en savoir un peu plus ?

 

Nous disposons certes de l’accès aux entreprises. Mais les moyens d’investigation comme la perquisition sont très limités car il faut des preuves qu’on n’aura jamais, parce que il n’y a pas de failles. Concernant la formation des prix des produits pétroliers, il n’y a jamais eu d’enquête.

 

Entretien : Guillaume Perrot

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 09:55

J'ai testé les alternatives

 

Ce n’est un secret pour personne, le carburant est au cœur de l’actualité ces dernières semaines. 1,66 euro le litre de super, et 1,29 euro le litre de gazoil. Avoir sa voiture devient un luxe de moins en moins abordable. Comment faire autrement ?

 

 

IMAG0182.jpegChaque matin, j’effectue le trajet jusqu’au pôle technologique universitaire en voiture. Au total 8 kilomètres aller retour, sans compter les autres déplacements que je peux effectuer dans la journée. Les trajets restent courts, mais passer à la pompe à essence est néanmoins devenu une habitude. Je ne m’étais jamais réellement penché sur ce que représentait mon budget carburant : je réalise que je sors de mon porte monnaie en moyenne 12 à 13 euros chaque semaine. Je vais tenter de les économiser !

 

Marcher à pied ? Se lever de bon matin est forcément une obligation et même si la distance paraît longue, la gratuité me motive. Je décide donc de partir 30 minutes en avance, et marche en direction du boulevard, d’un pas plein d’entrain. Mais avec le temps, mon ardeur a une date de survie limitée. Très vite, le soleil devient mon pire ennemi et les gouttes de sueur sur mon front une véritable torture. Les automobilistes me narguent, derrières leur vitre, semblant profiter avec arrogance de leur climatisation. Le trajet n’en finit pas : un regard sur ma montre, déjà 2 minutes de retard. Je me lance alors dans une course pour les dernières dizaines de mètres. Peine perdue, j’ai 15 minutes de retard, et en plus je suis trempé par la sueur. La marche à pied est gratuite mais en plein été, le prix à payer est vraiment trop lourd.

 

Et que dire du bus ? Après un trajet à pied raisonnable, j’arrive à l’arrêt le plus proche de chez moi. Je me penche sur les horaires, tente de déchiffrer au milieu de tous les arrêts celui qui me rapprochera le plus de la technopole : la ligne 6. Un quart d’heure d’attente puis 10 minutes de trajet pour finalement découvrir que je dois faire un changement. Je dois maintenant la ligne 26. Dans le bus qui me conduira à destination, le chauffeur m’ignore. « Bonjour », dis-je. Pas de réponse. J’arrive à temps en ayant pris au total 25 minutes pour un trajet court. En tout cela me coûte 2 euros et 80 centimes l’aller-retour. Un coût à peu près équivalent à celui du carburant de ma voiture, le confort en moins !

 

Reste le covoiturage. Être écologique tout en profitant d’un peu de compagnie, et tout ça à moindre frais. Je demande donc à l’une de mes amies et camarade étudiante, de passer me prendre pour nous rendre en cours. Nous nous donnons rendez-vous devant chez moi et sans surprise, elle arrive un peu en retard… Je redécouvre le luxe de l’automobile. Malgré quelques embouteillages, nous arrivons à bon port avec même un peu d’avance. Une fois garés, se pose la question du paiement. Comment évaluer la réelle valeur d’un trajet si court ? Elle me regarde, je la regarde, et sors une pièce d’un euro de ma poche. Elle refuse mon modeste paiement arguant que ça ferait d’elle une « radine ».

L’expérience a beau être enrichissante, je reste content de retrouver ma voiture. Même si elle n’est pas le moyen le moins cher et le moins polluant pour se déplacer, elle reste le plus agréable.

 Antoine VASSAS

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 15:41

Trois contrats en une matinée

 

Les concessionnaires auto, confrontés à la crise, sont-ils prêts à vendre leurs véhicules aux particuliers sans le sou, histoire de faire du chiffre ?

 

voiture.jpgEncore étudiant, sans travail, seulement 1000 euros en poche et le besoin d’une voiture pour mon futur stage : comment faire ? Je me rends chez trois constructeurs ; le Français Citroën, l’Asiatique Hyundai et le Roumain Dacia. Si les styles, arguments de vente et positionnements de chacun des concessionnaires diffèrent, leur méfiance sur les modalités de financement semble commune. Apparemment, crise ou pas crise, ils ne vendent pas à n’importe qui. « Il vous faut des garanties, expliquent les vendeurs. Pour acheter un véhicule, vous devez impérativement être titulaire d’un contrat de travail en béton. » Avec un apport de 1000 euros, l’emprunt, en général sur cinq ans, est obligatoire. Les sociétés de crédit à la consommation avec lesquelles traitent les concessionnaires s’assurent que l’activité du client s’inscrit dans la durée ; bref, que sa paye ne va pas s’arrêter du jour au lendemain.

Les commerciaux ne lâchent pas pour autant la proie. Je n’ai ni argent ni travail ? Pas grave ! Il existe des solutions alternatives. « Vous avez certainement des parents ou proches ? » Misant sur mon réseau personnel, tous tentent de me vendre le véhicule de façon détournée.  Si la version 2011 de la loi sur le crédit à la consommation, aussi appelée loi Lagarde, encadre d’avantage les modalités de contraction de ce type d’emprunt, elle laisse toutefois de vraies possibilités de contournement. A chaque fois, on m’explique donc que je peux faire appel à un co-contractant. Si un de mes proches répond aux attentes de garantie précédemment évoquées, le contrat de vente peut être signé. Dans ce cas précis, la loi prévoyant un plafond des crédit à la consommation à un tiers des revenus ne se fixe plus sur un seul salaire mais bien sur la somme des deux réunis… Ça change tout. Les mensualités, frais d’assurance inclus, avoisineront les 300 euros ; un simple SMIC suffira.

Après étude approfondie du prix des véhicules, de mon apport et de mon potentiel garant ou du moins « cocontractant », je rentre chez moi avec trois dossiers quasi finalisés. Seuls les justificatifs nécessaires à la validation du dossier manquent. Dont le permis de conduire, que je n’ai pas ! Mais personne n’a pensé à me le demander…

 

Hadrien FAIVRE

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 15:37

Pour découvrir l’agroécologie

 

L’association arTerre organise la troisième édition du festival « Les Mains Vertes » à Bras-Panon du 25 au 27 novembre  ainsi que les « Rencontres de l’Agroécologie » du 23 novembre au 4 décembre.

 

arterre.jpgAgriculture + écologie =  agroécologie. Ce concept, l'agriculteur, écrivain et penseur Pierre Rabhi en est l'instigateur. Il est aussi le fondateur de l’association Terre et Humanisme dont l’association arTerre, à Bras-Panon, est le correspondant local. Pierre Rabhi participera, en visioconférence, aux premières « Rencontres de l’agroécologie » lors d’un débat sur les enjeux de l’autosuffisance alimentaire, demain à 19h dans l’amphi Cadet de l’université, à Saint-Denis.

Durant le week-end, un chapiteau sera par ailleurs dressé place Michel Debré à Bras-Panon. Sur le thème de « l’agroécologie…pour une terre qui nourrit les hommes », l’éco festival monté par arTerre accueillera un village alternatif, un marché bio, des conférences. Les visiteurs pourront découvrir les couches de bébé lavables et des produits de beauté biologique.

Festival ou rencontres, ces deux manifestations poursuivent le même but : « Repenser sa consommation et son impact sur l’environnement en refusant le superflu et l’opulence », comme l’explique Maxime, vice-président d’arTerre.

Forte de 130 adhérents, l’association écolo, créée il y a 6 ans, anime également les jardins potagers des écoles afin d’initier nos marmailles à l’agroécologie et les sensibiliser à ce que l’on mange. Les membres d’arTerre n’hésitent pas à prendre leur bâton de pèlerin et à parcourir l’île « afin de faire découvrir une alimentation alternative,  saine, à base de légume lontan, de fruits locaux et de recettes oubliées ». Avec, toujours, la même philosophie : ne pas oublier de nourrir la terre qui nous nourrit.

Guillaume PERROT

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 07:06

Ça flop pour les revendeurs 

 

Les bons POP émis par la Région depuis début octobre à destination des élèves de seconde sont aux deux tiers écoulés. Mais ces derniers ont un choix plutôt limité : plusieurs revendeurs sont en rupture des meilleurs modèles. 

 

pop.jpeg« Je renvoie tous les jours des clients vers la concurrence ». Comme beaucoup de revendeurs informatiques, Patrick Hervier est résigné. Pour certains, en à peine une semaine, ce fut la rupture de stock. « J’avais acheté quelques modèles d’expo fin septembre, et lorsque j’ai voulu en recommander début octobre, impossible », affirme le gérant d’Avéolys à l’Etang Salé.
A Vif informatique sur Saint Denis, la situation est similaire. « L
es ordis les plus performants sont partis, il ne me reste que des modèles anciens ; le succès n’est pas là, c’est logique », déplore Eddy Teyssedre, vendeur. Même son de cloche à Saint Joseph. « Durant la première semaine, les lycéens ont pu avoir des ordinateurs de dernière génération, maintenant leurs camarades ne peuvent en avoir des similaires », regrette Jimmy Lebon, gérant de Lebon service informatique.
Les entreprises confrontées à ces ruptures estiment à une dizaine le nombre de ventes perdues chaque semaine.

 

« La faute aux grossistes »

 

Du coup, les élèves se rapprocheraient des grandes surfaces : « En général, c’est beaucoup plus facile, et on a un choix plus grand », estime Emilie. Les magasins d’informatique n’apprécient pas vraiment : « Soit les grossistes ont mal fait leur travail, soit certains revendeurs, notamment la grande distribution, ont fait main basse sur des milliers de machines ». « Moi, détaille un autre revendeur, je ne peux pas me permettre de stocker plus de 10 machines par modèle. Une entreprise a connu une perte importante il y a un an à cause d’un stock trop important ».
Or les grossistes, eux-aussi, se seraient retrouvés avec des ordinateurs sur les bras l’année dernière. Pas cette année, apparemment : « Nous sommes loin de la rupture, même si les meilleurs modèles sont épuisés ». Pour eux, il s'agit surtout d'un faux problème : « Nous avons demandé aux revendeurs de passer commande jusqu'à début novembre, très peu se sont engagés », ajoutant : « On ne peut pas prendre tous les risques seuls. Maintenant c’est trop tard, c’est une fabrication spéciale, il y en aurait pour plusieurs mois ». Et tant pis pour les lycéens qui n’ont pas encore échangé leur bon POP…

 

Christopher LAURET

 



 

 

 

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