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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 10:02

El salsero !

 

 

Depuis ses débuts à devant la télévision à imiter Michael Jackson, Saint-Just Bertrand a esquissé bien des pas de danse. Aujourd’hui la salsa qu’il enseigne est devenue plus qu’une passion : le moteur de sa vie.

 

IMG_StJustVD.jpg
La première chose qu’on remarque chez lui c’est son tatouage à la nuque : un drôle de graphisme auquel se mêle une note de musique. Le ton est donné. Mais derrière un look athlétique, un rien « bad boy », se cache un perfectionniste parfaitement intégré au système…

Né à Nevers, dans la Nièvre, en 1968, d'où son prénom (ça ne s’invente pas...), Saint-Just comme tout le monde l’appelle, a toujours baigné dans la musique avec une grand-mère danseuse et un grand père musicien. Il intègre une école de musique à l’âge de 8 ans, puis s’adonne au judo et au kung-fu. En 1984, il se voit obligé d’arrêter les arts martiaux en raison d’une mauvaise blessure. L’appel de la danse se révèle alors sous forme de battle, de hip hop qu’il pratique avec les jeunes de sa cité.

Quelques chorégraphies acrobatiques plus tard, le voici musicien dans un groupe de salsa. Le jeune homme cultive cet art pendant un an et s’installe à la Réunion en 1997.

A son arrivée, il est directeur du restaurant le « Planète créole »  jusqu’à 2000,  puis est licencié. En parallèle, on lui propose de donner des cours de salsa pour débutants, ce qu’il fait entre 1998 et 2000. Par la suite, le danseur peine à trouver du travail, mais « survit » confortablement pendant deux années grâce aux 1500 € mensuels qu’il perçoit des Assedic. Cela lui permet de faire des allers retours entre la Métropole et la Réunion pour se former, toujours. Au programme jazz, hip hop, danse classique et contemporaine. En 2003 il crée l’association « Réuni Danse Salsa Club » dans laquelle il est salarié en qualité de professeur de danse.

Saint-Just poursuit sa quête artistique en voyageant et en dansant avec les plus grands pour se perfectionner et se produit même sur des scènes internationales.

Un quotidien bien chargé entre la danse, le renforcement musculaire, la préparation des cours et spectacles, les répétitions, etc… « On bosse tout le temps quand on est danseur pro », constate-t-il, « je ne suis pas du genre à rester chez moi et regarder la télé ». Pas le temps non plus pour d’autres loisirs.

Dans ces conditions toute vie de famille semble inconciliable. Mais, célibataire, Saint-Just s’organise quand même pour chercher à l’école ses deux filles et pour s’en occuper les mercredis et samedis. 

 

La concurrence ? Même pas peur !

 

A la Réunion, depuis quelques années les cours et soirées salsa fleurissent, mais cela ne semble pas l’inquiéter. Si, selon lui, n’importe qui peut prétendre enseigner cette discipline, les usagers savent faire la différence. Sa compagnie est la seule à proposer des cours de salsa portoricaine, alors que la salsa portugaise est plus présente chez les autres. La différence se trouve également dans une politique tarifaire, assure-t-il, plus attractive dans son association.

Quant à la zumba, il considère que c’est « plutôt un business qu’une danse ». Il s’y est néanmoins formé, mais ne l’enseigne pas à ses élèves, « faute de temps », encore.  

Et puis, actuellement, il étudie la kizomba, mélange de zouk et de tango, « par curiosité », mais aussi « pour répondre à la demande ».

En juillet prochain, comme chaque année, sa compagnie organisera le 7ème congrès de la danse latino ("Tampon latino dance") en partenariat avec la mairie du Tampon. Elle prépare aussi un  programme d’envergure dont on devrait bientôt entendre parler, mais qu’il préfère ne pas dévoiler pour l’instant.

Quant à l’avenir de la danse, et surtout de la salsa à la Réunion, il reste optimiste : « Même si les gens sont en crise, ils investiront toujours pour leurs loisirs ». Salsa-tonique…

 

 

Djamina VALEAMA

(Photo Nicolas Mareux)

 

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 05:11

Latino-créole


Focus sur un musicien et chef-cuisinier chilien qui a épousé la Réunion sans oublier ses racines latinos.

IMG_0360.JPG
Savates, bermuda blanc et débardeur noir, ce Sud-Américain cultive la simplicité. Nicolas Jar, 51 ans, originaire de Santiago, rayonne de vie et d’humour malgré une jeunesse marquée par la dictature de Pinochet. Gamin des rues, il aimait alors jouer au football avec ses copains à l’instar des plus grands joueurs natifs de l’Amérique Latine. Mais le souvenir d’une réalité beaucoup plus meurtrière se cache derrière son sourire : « J’ai vu beaucoup de morts et mon beau-frère a été torturé par la junte militaire ». Ce père de famille se souvient encore de ce passé douloureux : « Si vous étiez plus de trois personnes dans la rue, la police vous embarquait  suspectant un complot communiste ». Pour échapper à ce régime despotique, il quitte sa terre natale à l’âge de 20 ans et obtient le statut de réfugié politique en France.  Afin de s’intégrer, il se doit de suivre des cours intensifs de français, mais, constate-t-il, « j’ai surtout appris la langue de la rue ! »

Musicien dans l’âme, cet autodidacte débute son art à l’âge de 10 ans en jouant de la flûte mais il pratique aujourd’hui bon nombre d’instruments. A Paris, après obtention d’un badge RATP permettant de se produire dans le métro, il divertit les passants dans le but de gagner sa vie. Malgré des débuts difficiles, la passion pour la musique est si forte qu’il abandonne ses études pour s’y adonner.


Pour l’amour de la Réunion


Ancien fêtard, ce quinquagénaire charmeur, chez qui se cache une grande sensibilité derrière ses airs de dur à cuire, a rencontré son épouse  réunionnaise dans une discothèque métropolitaine. La belle aurait accepté de lui donner son numéro de téléphone. Un rien macho, il ne l’a pas rappelée tout de suite… Mais, après une relation à distance, il décide de la suivre à l’île de la Réunion. De leur amour sont nés des jumeaux âgés aujourd’hui de 15 ans.

A son arrivée à Bourbon il y a dix-sept ans, son réseau d’amis est composé uniquement de musiciens locaux. Son style ? La musique latine bien sûr. Il ajoute qu’il a « réussi à  en vivre  » en se produisant régulièrement dans des hôtels, restaurants…  Le dimanche, il anime la boutique Valentin Fleurs situé non loin du marché forain de Saint-Gilles. Un concert de salsa est également prévu le 9 juin au Coco Beach.

Retour à la politique : pour dénoncer et échapper à sa façon au système « capitaliste » qu’il a toujours condamné, le musicien  assure lui-même la production en studio et la vente de ses CD :« Les supermarchés prennent trop de marge ! »

En dehors de la vie de famille et de la musique, Nicolas (prononcer à la sud-américaine : Nicolasse) travaille au Mex situé à Saint-Gilles, en tant que chef-cuisinier. Les journées sont longues pour l’hombre qui doit jongler entre son rôle de mari, père, musicien et chef-cuisinier.

Résident à Fleurimont, il apprécie les Réunionnais de par leur métissage « Ici on est tous cousins ».

Après s’être rendu deux fois au Chili pour rendre visite à sa famille, il regrette que son pays soit à présent très industrialisé, et rongé par une nouvelle dictature, celle du crédit imposé aux plus démunis des Chiliens. Et puis là-bas,  « il n’y a plus beaucoup de nature contrairement à la Réunion ».  Raison pour laquelle il ne se voit pas retourner vivre un jour dans son pays natal. Tant mieux pour son public créole…

 

            Alyssa MARIAPIN

Photo Kevin TÉCHER

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 08:50

D'Oran à Saint-Gilles, le marathon d’une vie


Depuis son Algérie natale jusqu’à La Réunion, Francis Montoya n’a jamais perdu son souffle.


Francis Montoya

"À l’aube de ses 70 printemps, le regard rieur, la parole facile et franche, c’est tout cela qui fait de Francis Montoya la preuve que « la vieillesse, c’est dans la tête ». Pourtant la route fut longue entre son Algérie natale et Saint-Gilles, son lieu de résidence actuel.

C’est à Oran qu’il voit le jour en 1943. Fils d’une mère au foyer et d’un père ouvrier, il se définit comme « un gamin des rues » mais aussi  « un gosse de la musique ». Son père, batteur, lui transmet sa passion pour le rythme et la note juste. Mais alors que celui-ci espère voir son fils devenir accordéoniste, c’est vers la clarinette que se tourne son oreille. De la clarinette au jazz il n’y pas qu’un pas, que le jeune musicien franchit avec l’aide de son père qui consent à lui offrir son premier instrument. « Pour 25 000 F »,  une somme conséquente à l’époque.

A 16 ans il donne son premier concert à Oran. Nous sommes en 1959, en plein conflit armé entre le FLN et l’armée française. Conflit qui se terminera  en 1962,  avec l’indépendance de l’Algérie. Pour Francis Montoya c’est également l’année de son départ pour la France métropolitaine - un départ non souhaité. « Les militaires français sont venus me chercher chez moi. A 10 h j’étais à Oran, à 16 h j’étais dans une caserne en métropole » se souvient-il. Déchirure éprouvée par tous les « pieds noirs » de l’époque comme on les appelle alors : « L’Algérie était mon pays et je voulais y rester ».

Après un passage de deux mois en caserne durant lesquels il intègre l’orchestre militaire, Francis Montoya quitte l’armée. Il  passera par Tours, puis Paris où il fréquente les clubs de Jazz. De retour en Indre et Loire il forme un orchestre avec lequel le jazzman parcourt une grande partie de la France pour animer les bals d’antan entre 1965 et 1972. Suite à cette aventure musicale il se recentre sur son premier amour : le New Orléans. Il restera fidèle à cette musique traditionnelle, n’appréciant pas beaucoup le jazz fusion. Et ne lui parlez pas non plus de musique arabe ou de maloya, ce n’est pas son « truc ». Et de citer son amie Bernadette Ladauge grande défenseuse du séga.


"La course, c'est ma drogue"


  C’est à cette période que la course à pied se glisse dans la vie du musicien. D’abord une alternative au tabac, « la course est devenue ma nouvelle drogue » sourit-il. Apres plusieurs années à parcourir le monde des marathons internationaux, le jazzman a foulé le bitume de New-York, Paris, Berlin, Chicago, Florence, Stockholm… sans jamais retoucher à la cigarette.

Son arrivée à la Réunion en 1985, lui offre un nouveau terrain de jeu qu’il ne se prive pas d’explorer. Après près de trente années de vie dans l’île, il a parcouru huit fois le grand raid ainsi qu’une grande partie des courses de montagne réunionnaises.

Aujourd’hui l'ex professeur d’espagnol, père de trois enfants - et grand-père de trois petits-enfants - a pris sa retraite musicale après s’être produit dans « tous les hôtels de l’île ». Mais en ce qui concerne la course le septuagénaire ne renonce pas, bien au contraire. « Il me faut absolument bouger pour me sentir bien dans ma peau » écrit-il sur son site internet.

Bouger certes, mais pas partout.  Lorsque l’on aborde la question d’un possible retour dans son pays natal, il répond que le régime politique d’aujourd’hui ne l’incite pas à tenter l’expérience, que ses souvenirs luis suffisent. Tout en précisant quand même qu’il « ne passe pas une journée sans penser à l’Algérie ». On n’oublie jamais son enfance.

 

Corentin ARNAUD

 (Photo Lorenza Dormeuil)

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 07:46

" Ça ne brûle pas "


Dimanche dernier, la communauté tamoule de Sainte-Marie a honoré la déesse Pandialé avec la traditionnelle et spectaculaire marche sur le feu. Une vingtaine d’hommes ont prouvé leur foi en marchant sur des braises, à l’approche du nouvel an tamoul le 14 avril.


marchefeupetit.jpgChaque année, cette cérémonie très particulière vient marquer la fin d’une période de carême de 18 jours. Durant ce temps de privation, les futurs marcheurs suivent un régime végétalien : ni œuf, ni viande, ni poisson ; ils ne se nourrissent que de légumes pour se préparer psychologiquement et physiquement. Tirée du Mahabharatha, le plus grand poème épique de la mythologie hindou, la marche sur le feu est symboliquement dédié à la déesse Pandialé. Gilles, fervent pratiquant au temple de la rivière des Pluies, raconte : « Pandialé a dû marcher sur le feu pour prouver à son mari qu'elle lui était restée fidèle et pure ».

17h30 au temple tamoul de la Rivière des Pluies : familles, pratiquants, touristes et curieux, ils sont plus de 300 à attendre les pénitents pour la fameuse marche sur le feu. Zoé, 28 ans, en vacances pour 15 jours à la Réunion, est impatiente: « C’est quelque chose que nous n’avons pas la chance de voir en métropole. Cela me parait surprenant et intriguant à la fois ». Pas de chance, la pluie s’est invitée. Pendant que le bois se consume dans un brasier, appelé « tikouli », les marcheurs se sont rendus sur les berges de la rivière des Pluies. Sous les yeux de la divinité dont la statue a été conduite jusque là dans un char, le prêtre procède à un dernier rituel de purification.

18h des pétales de fleurs ouvrent la marche. Au rythme du son des tambours sacrés, la procession fait son apparition au temple et entoure l’enclos réservé à la marche sur le feu. Coïncidence, la pluie s’est arrêtée de tomber. Le « tikouli » est devenu un vaste tapis de braise et de cendre. Certains portent au-dessus d’eux un « karlon », une construction conique de fleurs représentant une divinité hindoue.  Seules les proches des pénitents peuvent s’asseoir autour de l’aire sacrée du carré de braise.

Quelques minutes plus tard, on procède à une dernière bénédiction des lieux et des participants. Le prêtre vêtu d’une tunique couleur safran est le premier à montrer la voie, traversant le brasier d’un pas calme et assuré. Le public retient son souffle, sous le regard de la divinité représentée par une imposante tête rouge. Dans un silence attentif, un homme s’élance les yeux fermés mains jointes. Un autre prend la relève, les bras écartés, le regard vers le ciel, mais toujours lentement, sans montrer ni crainte ni douleur. Il paraitrait que celui qui se brûle ou qui traverse en courant n’aurait pas bien respecté son carême.

Le son des tambours reprend. La nuit est tombée, le public commence à se disperser petit à petit, tandis que les marcheurs et les femmes se rendent au temple. Certains  d’entre eux vivaient cette expérience pour la première fois, pour d’autres cela semble une vieille habitude, comme Radjiah, 21ans : « On marche sur le feu pour prouver sa croyance, se purifier ou pour obtenir quelques chose. Ça ne brûle pas, si vous avez la foi ».

Murielle HAN-KWAN

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 11:50

« Je m’amuse comme une enfant »

 

Stéphanie Thazar. Une artiste inconnue voilà encore deux ans. Aujourd'hui, avec la sortie d’un nouvel album, la chanteuse de Sainte-Suzanne s'exporte à l'étranger.

 

Du jour au lendemain, la jeune femme de 30 ans se décide à aller plus loin, suite à « un déclic ». 

Courant  2004, la Sainte-Suzannoise débute le chant. Des reprises interprétées dans les bars, restaurants et autres soirées privées. Mais une « sentiment d'inachevé » et une envie de s'exprimer par ses propres mots animent Stéphanie Thazar.

En 2010, l'artiste commence à écrire « après une période de remise en question ». Dans le même temps, ses titres, sont déclarés à la Sacem. Un mois après, elle se voit attribuer le prix « Meilleur espoir 2010 ». « Ce fut une reconnaissance par mes pairs et le moyen de me faire connaître », se souvient encore émue la chanteuse. Fière de son parcours, elle assure pourtant « garder les pieds sur terre ».

A la sortie de son premier album, le public la remarque. « J'ai eu beaucoup de témoignages de personnes qui se sont identifiées aux chansons », relate la chanteuse de variété française, de pop et désormais… de flamenco. 

Dès lors, les scènes se multiplient, et en novembre dernier, c'est le public indien qui écoute l'artiste réunionnaise. « En une semaine, je me suis produite dans cinq grandes villes, notamment lors du festival India Musik Week. A chaque fois le public était intrigué par les instruments », savoure Stéphanie.

 

Plusieurs tournées à l'étranger.

Puis direction l'Afrique du Sud, pour un « voyage d'inspiration ». Un voyage qui amène la Réunionnaise à ne plus seulement écrire  mais aussi composer ses chansons.

Stéphanie Thazar entend « vraiment exprimer des émotions fortes dans l’interprétation ». C'est ainsi que les 11 titres de son second album arrangés par Pascal Manglou voient le jour au Studio Ls Pro Audio. Un album intitulé « You Say » dont l’artiste espère une  « portée internationale « J'ai écrit comme ça me venait, avec des chansons en anglais, en français, en  créole et même en espagnol en fonction de la rythmique, et de l'ambiance ».

Grâce aux rencontres de voyages, Stéphanie Thazar collabore désormais avec des artistes indiens, sud africains, et réunionnais... La Réunionnaise aspire à une carrière internationale et se produira avant la fin de l'année à Hong Kong, en Afrique du Sud, en métropole et bien sûr à La Réunion. « J’apprécie beaucoup le continent asiatique et mon manager Open Musik Management permet cette superbe aventure » Des occasions de se faire connaître en continuant à « s’amuser comme une enfant » mais pas seulement : « C'est autant d'opportunités de parler de la Réunion et de son métissage  à l'étranger ». Et si la chanteuse au destin international devenait ambassadrice de l'ile, après avoir déjà joué ce rôle à l'ONF ?

 

Christopher LAURET

 

Légende photo : La sortie officielle de You say est prévue le 7 avril, après un concert en avant première le 31 mars.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 08:08

Bertignac a la niaque !

Le célèbre guitariste français était de passage sur l’île pour deux concerts les 9 et 10 mars. Il y a joué « Grizzly », son dernier album solo, et quelques bons vieux tubes. Au Théâtre Luc Donat au Tampon, les cinq cents personnes présentes n’ont pas oublié l’époque Téléphone…

Dans sa loge, à une heure du début du concert, l’animal déguste tranquillement son assiette de charcuterie. Quelques bouffées de cigarette électronique, et puis c’est parti ! Jean délavé, chemise blanche sur le corps, Louis Bertignac fait son entrée sur scène. Fracassante…
Guitare en main, le vieux briscard balance ses 58 balais au placard. Dans la foule, c’est du délire. Cinq cents personnes ont répondu présent à Luc Donat, samedi 9 mars. Sandrine, 38 ans, crie debout : « C’est une bête de scène ! »
Bertignac sort les griffes avec Grizzly, son dernier album, le sixième en studio depuis la dissolution de Téléphone. Plus rock que les précédents, le guitariste joue des riffs empruntés aux plus grands. « J’arrive assez rapidement à des trucs qui ressemblent à Led Zep ou Hendrix », raconte-t-il sans fausse modestie. A ses côtés, de jeunes musiciens, le batteur Eric Lebailly et le bassiste Marco Bravin, l’accompagnent dans ses reprises endiablées « Il y a beaucoup de morceaux que je connais depuis tout petit ; si un mec dans la salle gueule « Hey Joe ! », bon pourquoi pas… Mes musiciens sont obligés de suivre ! »
Bertignac l’avoue bien volontiers, avec ce répertoire, il n’a peur de rien. « J’ai écrit tellement de chansons depuis le temps. Je prends ce que j’ai de mieux ; ça me fait un concert solide ».

« Téléphone » dans les mémoires

Cyril, 38 ans, inconditionnel de Téléphone apprécie beaucoup le Bertignac solo. « Je trouve bien qu’il se soit détaché pour faire son propre chemin ; il réalise son rêve », sourit-il. Les titres passent, puis vient l’heure des tubes. Bertignac s’amuse avec le public : « Ce serait vachement bien que pour l’intro, vous hurliez ! », jette-t-il entre deux gorgées d’eau. La température dans la salle vient de monter. Les fans, hystériques, donnent de la voix et dansent devant la scène. Saut dans le temps. « Cendrillon, pour ses 20 ans, est la plus jolie des enfants… » ; les nostalgiques du groupe phare des années 80 n’ont pas oublié. « On a grandi avec Téléphone », explique Patrick, qui a emmené son fils pour l’occasion. Charlie, 15 ans. « Il a du charisme, il est rock’n’ roll quoi ».
La jeune génération est décidemment dans la place. Laurent, 26 ans, musicien, lui aussi impressionné par la débauche d’énergie du grizzly : « J’ai découvert ses chansons sur Internet. C’est un honneur qu’il vienne jouer pour nous. J’adore le rock, je suis tout ce mouvement là sur l’île ».
Jolie petite histoire… La suite, Louis Bertignac l’a écrite le lendemain au Téat Plein Air de Saint-Gilles, pour un ultime concert à La Réunion.

Flavien OSANNA

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 17:01

Ti bandit devenu grand maloyeur


Michel Fock, plus connu sous le nom de Ti Fock révolutionne le maloya au début des années 80. Il offre un nouveau souffle électrique à la musique des aïeux. Fusion.

 

Ti-Fock_allege.jpg
La question de l'âge, Ti fock a su habilement l'esquiver. Compter le temps n'entre pas dans ses cordes. Il préfère raconter son histoire. Né d’un « « papa sinois » et d’une « momon  kafrine », il revendique son identité métissée. Dernier d'une fratrie de six enfants, il grandit à Saint-Paul dans le quartier de la Caverne, « kartier pechèrs ». Après les décès prématurés de ses parents, et bien qu’élevé par ses sœurs, il manque un peu de repères : « Mi lé té encore un ti bandit » reconnait-il. Il abandonne l'école au cours moyen (primaire). Dans le courant 70, au travers d'un jeune leader politique : Paul Vergès, il découvre la figure d'un guide : « Mi té vien son ban meeting, mi té assise, mi té écoute, té comme si mi lé té sur bancs la fac ». Mais Ti Fock ne se revendique d'aucun parti politique. Malgré l'étiquette de communiste qui lui a été assignée. Si le chanteur estime que la politique est « un métier de pourris », il n’oublie guère le combat de ceux qui ont lutté contre la « répression » du préfet Perreau-Pradier dans la période sombre des années 50. Et le voici évoquant à nouveau le Paul Vergès d’alors, « ouvert sur la région de l’océan Indien, mais pas indépendantiste, comme on l’a dit ».

De sa jeunesse, il retient une existence de bohème. La musique lui permet de récolter quelques subsides : « Na vé band zoreils, té trouv mi lé té doué, té fé joué a moin ». C’est aux côtés de son père, musicien, qu’il monte pour la première fois sur scène à l’âge de six ans. « Lité jouer l'accordéon, mi coné pas ou ça li la apprend ça » se remémore-t-il en souriant. Pourtant le véritable déclic vient de sa « rencontre » (mystique et mythique) avec Jimi Hendrix. Il ajoute sa touche personnelle au maloya : la guitare électrique qu'il affectionne tant. Sa carrière débute alors réellement. La Réunion de l'époque est selon lui « un désert musical ; lavé poin rien ». Il obtient la reconnaissance du public réunionnais mais aussi européen : « Ma fé une tournée de six mois en Europe, kan ma rentré quatre cent groupes té joué comme Ti Fock ». Une reconnaissance inattendue pour le Saint-Paulois : « Ma jamais pensé que la musique noré emmène a moin aussi loin ». D’autant plus que l'artiste avoue faire de la musique pour son propre plaisir. D'où une productivité relativement faible : le temps passé en tournée a empiété sur celui que d’autres consacrent à la sortie d’albums. Il se souvient : « Ban na té dit : ‘ Ti Fock i fé la musique de l'an 2000 ’ ». En 2012, il tente de rester dans le paysage musical réunionnais. Son dernier opus « Gayar natir », plaidoyer pour l’écologie, est composé avec le producteur et musicien électronique Otisto23. Son avis sur la relève musicale locale reste mitigé. Malgré le succès que remporte ces derniers : « Mi trouv zot maloya pas assez traditionnel ».  Or n'est pas ce qu'on reprochait aux mélodies de Ti Fock à ses débuts ? L'arrosé devient arroseur.

Anne Pajaniandy

(Photo Sarah Lévêque) 

« Docker » dan kèr

« Docker » est par excellence le tube de Ti Fock. L'inspiration pour cette chanson lui est venue lorsqu'il menait une vie de vagabond. Il se rendait régulièrement sur les docks du Port, proche de Saint-Paul, parce qu’il pouvait y trouver à se nourrir. Les conditions de travail pénible des dockers l'ont touché. L'image de ceux-ci déchargeant sans relâche les marchandises l'a marqué : « Ma pense que ça té fo mi té utilise ça ». Imagination ou réalité, l'anecdote reste attachante.

 

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:19

Un journal pour zéro euro

 

Depuis le 5 octobre, les jeunes de 18 à 24 ans peuvent s'inscrire sur le site www.monjournaloffert.fret bénéficier d'un abonnement gratuit au Quotidien ou au Journal de l'île une fois par semaine.

 

journaloffert.jpegPremiers arrivés, premiers servis. Le 5 octobre dernier a débuté la troisième édition de « Mon Journal Offert ». Seuls les 200 000 premiers inscrits sur le site www.monjournaloffert.frseront pris en compte. Cette opération nationale a pour but de sensibiliser les jeunes, âgés de 18 à 24 ans, à la lecture du journal, en leur offrant le quotidien de leur choix une fois par semaine. Soixante-et-un journaux sont partenaires dont les seuls Quotidien et JIR à La Réunion. Cette offre fait suite aux états généraux de la presse écrite en 2008/2009.

« Cela permet aux jeunes de constater que la presse écrite ne manque pas d'intérêt », se réjouit Thierry Durigneux, rédacteur en chef du Quotidien. Comparée aux deux années précédentes, l'opération a l'air de « marcher beaucoup mieux ». Et d'ajouter : « On fera le bilan le 31 décembre, dernier jour des inscriptions, mais pour le moment on constate un nombre plus important d'abonnés ». Au Journal de l'île, même constat : « Environ 750 abonnés en moins d'un mois alors que l'année passée, on comptait un peu plus de 1000 abonnés pour l'année », s'enthousiasme Serge Robert, directeur des ventes.

Parmi les bénéficiaires, Emmanuel Hoareau, étudiant de 24 ans, raconte : « J'ai reçu un mail d'un ami qui proposait de me parrainer, je n'ai pas hésité à m'inscrire, c'est intéressant et gratuit ! ». « Dans ma prépa on a besoin d'une culture générale importante, j'espère que lire le journal m'apportera un plus », estime pour sa part Emmanuelle Rivière, étudiante en prépa infirmière. Pour Varangue, pas de journal offert, mais un site, gratuit évidemment… A vos clics  et bonne lecture !


Julien ANDY

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 13:40

Courbes à l'honneur

 

Samedi 15 octobre s'est tenue, à Sainte-Marie, l'élection de Miss Ronde Réunion. Angélique Robert, 21 ans, a remporté la couronne pour cette première édition locale. La miss élue participera au concours national en décembre prochain.

 

miss-ronde-petit-1.jpg« Que les femmes rondes s'assument ! » s'exclame Sylvie la candidate n°5. A quelques minutes du grand show, dans les coulisses de la salle le Madison, à Sainte-Marie, c'est l'effervescence. Ce soir-là, neuf candidates s'affrontent pour être élue Miss Ronde Réunion 2011. Le concours est une première sur l'île : « Miss Ronde France nous a contacté pour présenter notre lauréate au concours national », se réjouit Annie Cerveaux, présidente du comité pays. Loin des diktats de la minceur, les candidates n'ont qu'une condition à remplir: peser six kilos de plus que leur taille. « Si on fait 1,60 m il faut peser 66 kilos », calcule en souriant Anne-Gina, candidate n°2.

 

« Pas la peine de faire un 34 pour être à la mode »

 

20h40, le spectacle commence. Aziz Patel, qui dirige aussi l'élection Miss Réunion, est président du jury. Sur un air de séga, les miss effectuent un premier passage, en jean et t-shirt devant la quelque centaine de spectateurs présents. Et déjà l'on sent une tendance parmi le public : la candidate n°9 Angélique se détache du lot. Chacune d'elle a, tout de même, son petit comité de soutien : « Cette élection est une bonne chose, y'a pas que les minces qui doivent être mises en valeur », déclarent les cousines de la candidate n°7, Aurélie. « Pas la peine de faire un 34 pour être à la mode », ajoute Chantal, une spectatrice venue par curiosité.

Entre chaque passage des candidates, des chanteurs et danseurs ainsi que divers défilés de prêt-à-porter rythment la soirée. Parmi les traditionnelles questions posées aux miss, le présentateur demande à Angélique ce qu'elle voudrait changer dans le monde. « Le regard des gens vis-à-vis des personnes rondes », répond-elle sans une once d’hésitation.

Après deux heures de show, Aziz Patel annonce les résultats et sans surprise, Angélique 21 ans, 110 kilos, décroche le titre : « Je suis la première Miss Ronde à la Réunion, c'est un rêve qui se réalise ! » Pour les autres, la pression retombe après un mois et demi de répétition : « Y a plus de stress, je suis contente pour les gagnantes même si j'aurai aimé faire, au moins, partie des dauphines », confie Rosabelle, candidate n°1. Dans moins de deux mois, Angélique s'envolera pour la métropole afin de défendre l'île au concours national avec une idée en tête : « Mettre en avant les atouts de la femme réunionnaise ».

 

Christelle FLORICOURT

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:39

Un spectacle qui décoiffe

 

Colette Garrigan tire les ficelles de la compagnie Akselere depuis 1999. Née à Liverpool, elle est spécialiste de théâtre d’objets et de marionnettes. Hier soir, l’actrice présentait pour la première fois son nouveau spectacle, Crowning Glory.

 

colette.jpg« Entrez donc ! Vous êtes en retard… », s’étonne l’actrice, telle le lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles. Et pour cause, Colette Garrigan, marionnettiste, a choisi de s’inspirer très librement du conte de fée pour entraîner ses spectateurs aux confins de la réalité. « Ce spectacle-ci est plutôt un conte de faits », tient-elle d’ailleurs à préciser.

Lewis Caroll n’a qu’à bien se tenir : l’Alice des temps modernes est née sous X, a attrapé des poux à l’orphelinat et rêve tout de même de devenir coiffeuse. En quelques coups de ciseaux, l’histoire se découpe sous les yeux du public, retombé en enfance. Dans le salon de coiffure de cette héroïne atypique, tout est prétexte à la confession : on dévoile sa vie comme on va chez le psy. « Dites-moi tout, ça reste entre nous » susurre l’actrice.

Et Colette raconte. Dans un français teinté d’un accent irlandais chantant et en anglais. C’est sûr, l’actrice sait jongler : avec les objets comme avec les langues. Bientôt, une natte blonde se transforme en demoiselle en détresse, sous la menace d’un flacon de crème prêt à éjaculer. Les objets ont pris vie pour mettre au monde Alice, aussitôt propulsée derrière les barreaux en ombre chinoise d’un peigne-berceau à l’orphelinat.

Colette file la métaphore comme on effilerait les cheveux : elle « passe à travers le miroir », s’invente de nouvelles coiffures, crée des personnages. « Raconter une histoire, c’est comme aller chez le coiffeur : ça nous transforme ! » s’émerveille la comédienne en déambulant sur une scène transformée en échiquier. Parvenue à la dernière case, la jeune orpheline échappée d’un livre pour enfants finira-t-elle couronnée ? Echec et mat : par bonheur, Alice gagne la partie. C’est ce qu’il y a de bien avec les contes : libéré pour un instant de la réalité, on en sort souvent enchanté.

Les spectateurs, peu nombreux, ont quitté les lieux à regret : « C’est la première fois que je vois un théâtre d’objets, s’exclame Sylvano, 21 ans. Et c’était impressionnant car elle fait tout toute seule, ce n’est pas simple ! ». Anaïs, ouvreuse bénévole, « adore » Colette et suit ses spectacles depuis 2007. À l’époque, l’actrice avait fait sensation au Théâtre des Bambous à Saint-Benoît avec Sleeping Beauty, une pièce inspirée de la Belle au Bois Dormant. Jean-Pierre et Mimose sont également de fervents admirateurs. « Le concept est original : si on écoutait tout ce qui se dit à chaque fauteuil dans les salons de coiffure, il y aurait de quoi écrire un roman ! » s’amusent-ils. Colette Garrigan, une cigarette à la main, se joint volontiers à son public à la sortie. Avec ses cheveux noirs coupés courts et ses grands yeux malicieux, elle a davantage des allures de Blanche-Neige. « C’est avec émotion que je retrouve la Réunion, sourit-elle. C’est ici que j’ai créé la compagnie Akselere en 1999 ». L’actrice s’inspire de sa vie pour écrire et s’appuie sur les contes pour prendre du recul par rapport à la réalité : « Je travaille beaucoup sur la résilience », explique-t-elle.

Le public a joué le jeu, lui aussi, et sort de cette séance de psychologie capillaire rafraîchi.

 

Salomé VIENNE (éudiante en licence Journalisme)

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