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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 10:39

Capitaine femme ! 

Aurélie AlphonsePour Aurélie Alphonse,  capitaine de la Saint-Denis École de Foot Association (SDEFA), « le foot ? C’est un sport de garçons ! » Mais loin des discours féministes revendicateur, elle marque, mine de rien, des buts sur le terrain de la parité.



Un physique robuste à l’image de sa personnalité. Originaire du quartier des Camélias, la Dionysienne a construit sa force au prix du labeur enduré lors des entrainements successifs. « Je n'en rate aucun », assure-t-elle. A raison de trois séances par semaine. Sa passion pour le foot est sa force.

La jeune fille suit de près aux performances masculines. Le football féminin professionnel, du fait de sa faible médiatisation, ne l’intéresse pas : "On en entend pas parler " reconnait-elle.

Sure de ses atouts, Aurélie Alphonse possède : « la technique, une qualité de passe et un bon comportement ». De sa position libéro, un poste défensif, elle « voit le jeu ». Cette fan du Paris Saint-Germain a ses idoles, comme Thiago Sylva : « Nou jwé lo mem post, li lé capitaine, sé in model pou mwin ! » s’enthousiasme-t-elle. La jeune femme baigne dans le football depuis l’enfance. Un père coach et deux frères entraineurs, c’est avec naturelle qu’elle s'appuie sur l'équipe masculine pour se perfectionner : « Mi regard souvent le match bann garçon pou fé pareil apré ». Les footballeurs, à leur tour, rajoutent leur « grin d’sel ». Grâce à ses précieux conseils, elle s’améliore. C’est timidement qu’elle aborde son test de sélection passé à la Plaine-des-palmistes : «  Mi va oir si mwin na la niveau », espère-t-elle. C’est néanmoins avec amertume qu’elle dénonce certaines « magouilles » : « Des filles n’étaient pas présentes mais pourtant déjà présélectionnées » s’indigne-t-elle. Ambitieuse, elle se dit prête à « sauté la mer » pour réaliser son rêve de devenir professionnelle. Si son avenir se trace sur son ile natale, elle compte sur son club : « Si tu te donnes à fond pour SDEFA, le club te le rendra » garantit-elle. La Réunionnaise dispose d’un contrat de service civique obtenu avec le club. Quand au fait que les primes de matchs soient perçues uniquement par les hommes, cela ne la perturbe pas : « Mi vien pa pou larzen, mi vien pou jwé ballon » tranche-t-elle. Plus tard elle se voit passer le BAFA, puis le Brevet d’État indispensable pour devenir entraineur. Compétitive et passionnée, elle met « en lèr » sa passion : « Le football c’est un plaisir avant tout ».

A moins de cent jours de la coupe du monde, c’est sans une once d’hésitation qu’elle supportera le Brésil. « Dan mon fami, la touzour été Brésil, Brésil, Brésil !» clame-t-elle. Avant d’assurer, un brin moqueur, que « La France y arrivera pas en finale ».

 

" Agressive " uniquement sur le terrain...


Aurélie Alphonse a connu beaucoup de clubs. Parfois avec des moments difficiles, son passage au club du Chaudron reste marqué dans sa mémoire: « Il y avait des problèmes entre filles, des histoires de vols et un manque d’ambition » confie-t-elle. Plus tard, c’est donc logiquement que cette fille expérimentée s’impose comme capitaine du SDEFA. Du haut de ses 22 ans, elle n’hésite pas à recadrer les « filles » (dont certaines sont mères de familleet plus âgés qu’elle) et à gérer l’équipe. Entre crêpages de chignons, ladilafé et entraide, elle décrit un groupe soudé « comme une famille ». Même si elle avoue qu’une équipe de fille « ’est plus dur à gérer ».

Tolérante et ouverte, à propos de la décision de la FIFA d'autoriser les femmes à porter le voile elle considère qu’il n’y a pas matière à polémique : « Il y avait une fille dans mon équipe qui portait le foulard islamique, ça ne me dérangeait pas. Cela n’empêche pas de jouer au foot » réagit-elle calmement. Et d’ajouter que « chacun doit être libre ».

Et puisqu’on parle de parité, elle déplore le manque de moyens dans le football féminin : « La ligue (de football réunionnaise) ne donne pas assez aux filles, les garçons passent toujours en premier » regrette-t-elle. Une fois les crampons ranger,  la sportive change de visage : « Je suis agressive sur le terrain mais pas dans la vie » atteste la passionnée. La jeune femme peut toujours compter sur le soutient de ses proches. « Papa sera toujours derrière mwin » affirme-t-elle. Coté sentimental, sa passion pour son sport semble primer : « De toute façon, toute les rencontres que je fais, c'est sur un terrain » s'amuse-t-elle. Pas d'étonnement de ses Valentins, qui rencontrent d'abord une footballeuse avant tout.

 Finalement, le foot ne serait-il pas une affaire de femmes ?

 

Jerémy NAUDET 

(Photo Axelle Srtak)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Interviews
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