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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 15:31

Le petit jeu des étiquettes

 

Alors que les négociations allaient bon train en préfecture sur la liste des 60 produits solidaires, les étiquettes des 250 produits de la liste Cospar, dressée en 2009, ont miraculeusement réapparu dans les rayons…

 

cosparetiqu.jpgLundi 27 février, sortie du supermarché Leclerc, à Sainte-Marie. « Ils ont mis les étiquettes Cospar quelques mois pour nous boucher les yeux et après plus rien ! », se désole Monique. Dans son caddie, des produits de toutes sortes. Les Cospar, elle ne cherche même plus à les avoir. « Je n’ai vu aucune différence de prix et puis, de toute façon, je ne sais même plus quel produit est concerné », lâche la consommatrice.

 

Entrée dans la grande surface. Au rayon eau, où les bonbonnes de 5 litres Edena et Australine devraient être pointées par une étiquette Cospar, il n’y a rien. Direction le rayon des pâtes et du riz. Même constat : aucune vignette n’indique les produits censés subir une baisse des prix. Au rayon frais, toujours rien. Ni les viandes, ni les yaourts ne sont étiquetés Cospar.

 

Chez Carrefour, à Sainte-Clotilde, même désert. Aux rayons eau, féculents, produits frais et hygiène, aucune mention Cospar ne signale les produits listés. Céline, jeune Réunionnaise qui vient de rentrer de métropole après ses études, a choisi ses articles en fonction des prix affichés. «Je n’étais pas ici quand la liste a été faite et il faut avouer que maintenant, rien n’est fait pour nous informer », confie-t-elle désabusée.

 

A Jumbo Sainte-Marie, c’est la surprise ! Plusieurs étiquettes rouges indiquant « produits liste Cospar » sont fixées sur les étals. Jambon, produits ménagers, aliments pour bébés... Mais l’initiative reste assez bancale. Les vignettes Cospar manquent à certains rayons comme celui des yaourts ou de la viande. Ainsi, le pack de 12 yaourts nature Danone ou Yoplait passe à la trappe. Idem pour le lot de deux poulets Ti Gayar.

 

Des étiquettes mal placées

 

Autre bizarrerie : certaines mentions Cospar se trouvent devant des produits qui ne figurent pas sur la liste, comme les échines, les escalopes de porc, les merguez et les chipolatas. De quoi induire les consommateurs en erreur. 

 

Mais ces derniers ne sont pas dupes. Michel, qui fait ses emplettes au rayon frais justement, n’a même pas porté attention aux étiquettes Cospar. «Ils viennent de les mettre pour rassurer la population et avoir les associations de consommateurs dans la poche», lance-t-il un sourire au coin des lèvres.

 

Et Michel n’a pas tort ! Le lendemain, alors que la liste des 60 produits solidaires est rendue publique. Jean-Hugues Ratenon, président de l’alliance des Réunionnais contre la pauvreté,  part, médias sous le coude, procéder aux mêmes vérifications. Et c’est Leclerc qui tire le gros lot. Dans la nuit, d’un coup de baguette magique, les petites étiquettes rouges sont apparues dans les rayons du supermarché de Sainte-Marie. Le décor idéal pour accueillir les représentants Cospar … et les caméras.

 

Elodie MARTINEAU

 

Cospar : du pipeau


Tout comme la liste des produits solidaires, la liste Cospar n’a servi qu’à apaiser quelques tensions. Peu nombreux sont les Réunionnais à profiter de cette baisse des prix annoncée en 2009. La faute aux étiquettes Cospar restées bien au chaud dans leurs dépôts. La faute également aux prix, qui ne sont pas les mêmes pour chaque enseigne et qui déstabilisent les consommateurs. Comment savoir si la baisse est véritablement appliquée alors que chaque magasin affiche un prix différent ? 

 

Un exemple : le pack de 12 yaourts nature Danone qui devait voir son prix diminuer de 5%. Chez Leclerc, il est fixé à 3,50 €. Comptez 3,58 € à Jumbo et 3,69 € à Carrefour. Entre le prix affiché à Leclerc et celui annoncé par Carrefour, il y a déjà une différence de 5,4 %. Difficile pour les consommateurs de déterminer s’il y a ou non une véritable hausse de leur pouvoir d’achat.

 

Et c’est sans parler du caractère des articles listés qui n’ont pas tous grand-chose à voir avec des produits de première nécessité. Si les produits frais comme les légumes et le poisson à la coupe manquent à l’appel, les marques de condiments, elles, sont bien présentes sur la liste Cospar. Exemples : la moutarde Maille à l’ancienne de 235 grammes qui coûte 2,15 euros chez Jumbo, les petites briques de lait vanille céréales pour bébé de Nestlé de 250 ml chacune, à 2,30 € chez Jumbo ou encore le sac de croquettes pour chien Pédigree 100% bœuf. Des produits que l’on retrouve chez tous les Réunionnais !?

Reste à voir si les 60 produits solidaires qui verront leur prix baisser le 12 mars aideront vraiment les consommateurs à étoffer leur panier ou s’ils finiront, dans quelques temps, comme leurs ancêtres Cospariens.

 

E.M.

 

 

 

 « C’est du vol »


Les Réunionnais n’ont qu’un mot à la bouche : la vie chère. Mais si les prix font débat, les petites arnaques, elles, passent à la trappe. Certains consommateurs se sont plaints du poids de quelques produits qui serait surévalué sur les contenants. Marie-Hélène Virapinmodely en a fait les frais. « J’ai acheté un baril de riz de 5 kilos, je l’ai pesé. Finalement, il n’y’a que 4,5 kilos environ », garantit la consommatrice. Le test a été réalisé sur un pèse-personne, ce qui peut biaiser le résultat mais Marie-Hélène est sûre d’elle.

Par curiosité, elle a testé d’autres produits. La Dionysienne a posé un sachet d’ail pré-pesé qui indique 500 grammes sur une balance de fruits et légumes du même supermarché. Au final, elle n’affiche que 450 grammes. « C’est du vol. Sur un kilo, ils gagnent 100 grammes ! C’est inadmissible», lance-t-elle.

Elle n’est pas la seule à avoir été surprise par ces quantités surévaluées. Maureen, serveuse dans un restaurant, a déjà fait cette expérience avec un paquet de serviettes en papier. « Lors d’une réception, j'ai pris un paquet de 50 serviettes de table. Il en manquait une ! A ce moment-là, on se dit : même pour un bout de papier, on nous vole !»

Nous avons voulu vérifier la tendance sur quelques produits. Dans notre panier : une boite de 200 cotons-tiges, un rouleau de 10 sacs poubelle, une brique de crème fraiche de 20cl, un sachet de salades pré-trié et pré-pesé, 1 kilo d’orange en filet pré-pesé et un sachet de pâtes de 500 grammes.

Résultat : Rien à signaler sur les cotons-tiges, les sacs poubelles, la crème fraiche, le kilo d’orange et le sachet de pâtes. En revanche, le sachet de salades pré-pesé qui annonce 175 grammes n’en fait que 152 sur une balance pour fruits et légumes de supermarché.

E.M

 

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Eco-social
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