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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 14:45

Chéri je préfère les femmes

 

Le 30 août, Jonathan Brézé a été condamné à la prison pour tentative de meurtre sur un quadragénaire qui l'avait accosté. Un acte homophobe qui relance la question : pour vivre homos à La Réunion, vivons cachés? Si certains ex-hétéros ont mis le nez hors du placard, le vrai coming-out n'est pas pour demain.

  

Anais est une fille ordincomingout2OK.jpgaire. Dès le collège, elle connaît ses premiers flirts avec les garçons. Des petits copains, elle en aura plusieurs jusqu'à l'université. Seul hic, Anaïs préfère la gente féminine : « J’ai compris que j’étais homo au collège mais je suis sortie avec des garçons pour faire comme tout le monde et ne pas décevoir mes proches ». Avec son dernier compagnon, l'annonce de son homosexualité fait l'effet d'une bombe. « J'étais encore avec lui à l'époque et il l'a très mal pris, se souvient Anaïs.Il pensait que je me moquais de lui, que c'était une excuse bidon pour rompre ». Pendant un an, son ex tente de la reconquérir avant de déclarer forfait. La Saint-Leusienne de ving-et-un ans explique sans langue de bois : « Avec les mecs, les relations sociales se passaient très bien. Les relations sexuelles, beaucoup moins ». Depuis, Anaïs multiplie les rencontres avec les filles et constate que son changement d'orientation n'a aucune incidence sur sa vie. « Au contraire, certains liens se sont resserrés », conclut-elle.

 

Un secret de Polichinelle

 

Pour l'ancienne génération, la peur du coming-out est bien plus présente. Si quelques Réunionnais gays finissent par annoncer leur penchants à leurs partenaires, il leur est plus difficile de sortir du placard en société. Le porte-parole de l'association locale des Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres LGBT 974,  Stéphane Ducamp, justifie cette loi du silence : « On vit dans une société partriarcale. Les hommes ont encore beaucoup de mal à avouer leur homosexualité de façon décomplexée. Nombre d'entre eux ont une vie sociale agréable qu'il ne veulent pas perdre ».

A quarante-cinq ans, Chantal* a annoncé à ses deux filles son homosexualité. La Tamponnaise met également sa propre soeur dans la confidence. Une soeur qui préfère alors couper les ponts, tout comme d'autres membres de la famille qui ont eu écho de la nouvelle. « Elle m'a dit que je salissais le nom de notre famille, que je lui faisais honte », déplore Chantal. Son ex-mari prend lui aussi ses distances, bien qu'elle ne lui ait jamais avoué ouvertement qu'elle était lesbienne. Et avec ses filles, les choses ne sont pas plus simples. Après des mois de conflit, sa benjamine Anne-Gaëlle dit « supporter » aujourd'hui de vivre avec deux femmes à la maison : « Je ne suis pas encore tout à fait à l'aise mais j'ai appris à être plus ouverte ». Faut-il donc avoir honte de son homosexualité ? A cela, Chantal répond : «  Je me rends compte que beaucoup de monde n'est pas prêt à l'accepter. J'ai perdu des gens mais je suis fière de ce que je suis. Depuis deux ans, j'ai recommencé à vivre ».

 

Gaëlle GUILLOU

* prénom d'emprunt

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Société
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