Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 08:19

L’épreuve du feu

Incendies de champs de cannes, de maisons de voiture ou encore du Maïdo. Derrière ces feux, et au fil d’expertises psychologiques, l’ombre se lève : ces  pyromanes ne  savent pas gérer leurs émotions.

Pyromanie : impulsion caractérisée par une envie irrépressible d’allumer des feux.  Un stimuli qu’a dû ressentir l’auteur des incendies du Maido.  Pourtant, ces actes ne sont souvent pas prémédités. « La plupart des cas sont le fait de personnes souffrant d’une légère déficience mentale, relève Olivier Gillod, psychothérapeute au centre pénitentiaire de Saint Denis. Elles n’ont pas ou peu de capacité cognitive, comme le jugement ou le discernement. »          
Selon le psychothérapeute, elles ne se rendent pas compte qu’en allumant un incendie, elles mettent la vie d’autrui en danger.  Pour quelqu’un de simple d’esprit, le feu exerce un véritable pouvoir de fascination. « J’ai eu l’idée en regardant des clips à la télé où il mettait le feu dans des voitures, ça me fascinait »,  racontait le « pyromane de la rue de l’est » lors de son procès l’année dernière. L’homme avait été trahi par les vidéos qu’il avait prise avec son portable. Le passage à l’acte répond aussi souvent à un sentiment de frustration. C’était le cas de ce dernier : un jeune homme en conflit avec ses parents, rejeté par sa petite amie. « J’ai voulu attirer l’attention sur moi », témoignait-il devant la cour.

« Comme un signal de fumée »

Pour Laurent Denizot, psychiatre au Centre hospitalier universitaire de Bellepierre, ces malades éprouvent un sentiment de puissance et de plaisir à allumer le feu et le voir se propager. Même si en thérapie, ils nient souvent l’avoir ressenti.  « Un pyromane est quelqu’un qui a dépassé le stade d’une première fois, s’il a découvert que ça lui plait il aura tendance à réessayer. »  Il peut exister une certaine perversion dans cet acte, qui peut se rapprocher des pulsions sexuelles : « On a du mal à s’en empêcher, c’est un déterminisme inconscient ».  À l’inverse d’Olivier Gillod, Laurent Denizot estime que peu de choses suffisent pour commencer : un épisode dépressif, un traumatisme… « Les pyromanes ne sont pas des malades atteints de trouble psychologique ou mentaux, assure-t-il,  c’est une conduite ». Elle peut être révélatrice d’un certain mal être, et « mettre le feu, pourrait s’approcher d’une appel au secours, comme un signal de fumée ».           
Même si cette volonté d’allumer des incendies est difficilement répressible, elle est curable. Pour  Olivier Gillod, les soins se basent sur des exercices visant à réapprendre les interdits de la société, «  On essaie de travailler sur le discernement, c’est du socio-éducatif surtout ».  Il existe aussi des thérapies cognitivo-comportementales, plus utilisées chez le Laurent Denizot : «  On met en place une série de stratégies pour cibler le symptôme et le désactiver ». Mais pour éteindre ces pulsions, il faut souvent des années de traitement.

Sarah BARET

Partager cet article

Repost 0
Published by futurs.journalistes.974 - dans Société
commenter cet article

commentaires

Revenir À L'accueil

  • : Les futurs journalistes de La Réunion
  • Les futurs journalistes de La Réunion
  • : Ce blog présente les reportages des étudiants en journalisme d'InfoCom de l'université de La Réunion.
  • Contact

Recherche

Catégories