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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 05:11

Latino-créole


Focus sur un musicien et chef-cuisinier chilien qui a épousé la Réunion sans oublier ses racines latinos.

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Savates, bermuda blanc et débardeur noir, ce Sud-Américain cultive la simplicité. Nicolas Jar, 51 ans, originaire de Santiago, rayonne de vie et d’humour malgré une jeunesse marquée par la dictature de Pinochet. Gamin des rues, il aimait alors jouer au football avec ses copains à l’instar des plus grands joueurs natifs de l’Amérique Latine. Mais le souvenir d’une réalité beaucoup plus meurtrière se cache derrière son sourire : « J’ai vu beaucoup de morts et mon beau-frère a été torturé par la junte militaire ». Ce père de famille se souvient encore de ce passé douloureux : « Si vous étiez plus de trois personnes dans la rue, la police vous embarquait  suspectant un complot communiste ». Pour échapper à ce régime despotique, il quitte sa terre natale à l’âge de 20 ans et obtient le statut de réfugié politique en France.  Afin de s’intégrer, il se doit de suivre des cours intensifs de français, mais, constate-t-il, « j’ai surtout appris la langue de la rue ! »

Musicien dans l’âme, cet autodidacte débute son art à l’âge de 10 ans en jouant de la flûte mais il pratique aujourd’hui bon nombre d’instruments. A Paris, après obtention d’un badge RATP permettant de se produire dans le métro, il divertit les passants dans le but de gagner sa vie. Malgré des débuts difficiles, la passion pour la musique est si forte qu’il abandonne ses études pour s’y adonner.


Pour l’amour de la Réunion


Ancien fêtard, ce quinquagénaire charmeur, chez qui se cache une grande sensibilité derrière ses airs de dur à cuire, a rencontré son épouse  réunionnaise dans une discothèque métropolitaine. La belle aurait accepté de lui donner son numéro de téléphone. Un rien macho, il ne l’a pas rappelée tout de suite… Mais, après une relation à distance, il décide de la suivre à l’île de la Réunion. De leur amour sont nés des jumeaux âgés aujourd’hui de 15 ans.

A son arrivée à Bourbon il y a dix-sept ans, son réseau d’amis est composé uniquement de musiciens locaux. Son style ? La musique latine bien sûr. Il ajoute qu’il a « réussi à  en vivre  » en se produisant régulièrement dans des hôtels, restaurants…  Le dimanche, il anime la boutique Valentin Fleurs situé non loin du marché forain de Saint-Gilles. Un concert de salsa est également prévu le 9 juin au Coco Beach.

Retour à la politique : pour dénoncer et échapper à sa façon au système « capitaliste » qu’il a toujours condamné, le musicien  assure lui-même la production en studio et la vente de ses CD :« Les supermarchés prennent trop de marge ! »

En dehors de la vie de famille et de la musique, Nicolas (prononcer à la sud-américaine : Nicolasse) travaille au Mex situé à Saint-Gilles, en tant que chef-cuisinier. Les journées sont longues pour l’hombre qui doit jongler entre son rôle de mari, père, musicien et chef-cuisinier.

Résident à Fleurimont, il apprécie les Réunionnais de par leur métissage « Ici on est tous cousins ».

Après s’être rendu deux fois au Chili pour rendre visite à sa famille, il regrette que son pays soit à présent très industrialisé, et rongé par une nouvelle dictature, celle du crédit imposé aux plus démunis des Chiliens. Et puis là-bas,  « il n’y a plus beaucoup de nature contrairement à la Réunion ».  Raison pour laquelle il ne se voit pas retourner vivre un jour dans son pays natal. Tant mieux pour son public créole…

 

            Alyssa MARIAPIN

Photo Kevin TÉCHER

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Culture
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