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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 19:37

 

Pas assez nombreux, pas assez payés


nadia.junker

 

En France, on manque de médecins scolaires. 220 postes vacants, dont 3 à La Réunion. Le 7 février, à Paris comme dans les DOM,  ils étaient en grève pour dénoncer le malaise de la profession. À 1754 € brut par mois, les candidats ne se bousculent pas.

 

     « On n’appâte pas les mouches avec du vinaigre. Sans sur-rémunération à La Réunion, la profession serait sinistrée ». Voilà ce que rapporte Frédéric Le Bot, médecin et conseiller technique du recteur. « La grille de salaire n’a pas été revue depuis 1991. En début de carrière, un médecin scolaire gagne moins qu’un interne de 5ème année ». Si, sur l’île, le salaire moyen est d’environ 2700 € bruts mensuels, il ne suffit pas à attirer les candidats, peut-être parce qu’en libéral, un généraliste gagne plus de 6000 € par mois (Source Unasa 2009).

En métropole, ils sont 1170 médecins scolaires, à La Réunion, 28, et trois postes restent à pourvoir : secteurs de Saint-Denis, Saint-André et Saint-Benoît.

Un secteur compte entre 7700 et 10000 élèves et les missions d’un médecin scolaire sont très étendues. Il doit rencontrer chaque élève de grande section de maternelle, chaque 3ème qui s’oriente vers une filière professionnelle, chaque mineur enclin à travailler sur des machines dangereuses, chaque élève porteur de handicap ou de troubles spécifiques de l’apprentissage, sans compter la gestion des crises sanitaires, la mise en place de cellules d’écoute (drame dans l’établissement, dans la famille…).

Il rencontre aussi les enfants signalés par le professeur, les infirmières ou sur demande des parents. Son rôle est de faire en sorte que l’enfant « s’épanouisse à l’école, aussi bien que les autres élèves », explique Nadia Junker, médecin scolaire référent sur le secteur de Sainte-Marie. Elle veille sur 8500 élèves répartis dans 25 établissements. « C’est beaucoup. Tout faire est difficile, il faut constamment prioriser ». Des dizaines de dossiers sur le bureau, l’ordinateur allumé et le portable sous la main, ses journées sont bien remplies et les repas pris le pouce. Qu’importe : « J’ai choisi ce métier pour le côté humain de la médecine », précise-t-elle. Une approche en voie de disparition, semble-t-il.

Pour rendre le métier plus attractif, le gouvernement a récemment doublé leur prime de sujétion (de 2500 à 5000 € bruts annuel), il doit maintenant se pencher sur ces nouvelles revendications, une consultation très attendue.

 

Agnès FARRUGIA

 

 


 

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Société
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