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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 13:03

Coup de vieux chez les paysans

En dix ans, environ deux mille exploitations agricoles réunionnaises ont disparu. Un monde rural qui peine à passer le flambeau. La majorité des chefs d'exploitation ont plus de 40 ans.

Agriculteurpetit.jpgLa canne est amère pour Bernard. A 52 ans, cet exploitant agricole de Champ Borne s'active seul sur ses douze hectares. « Les nouvelles espèces de canne sont plus difficiles à couper. Il me faudrait davantage de bras », soupire-t-il, jugé sur son tracteur. La main d'oeuvre fait cruellement défaut. A La Réunion, la majorité des chefs d'exploitation ont entre 40 et 50 ans. Alors que le nombre d’exploitations agricoles reste plus ou moins stable, plus personne ne veut travailler la canne. « C'est une situation propre à notre île : l'emploi se maintient, mais iI n'y a pas de véritables créations de postes. On voit de plus en plus de travailleurs non déclarés », analyse Michel Sinoar, directeur départemental de l'Alimentation, l'agriculture et la forêt.

« J'aimerais embaucher mon fils à plein temps, reprend Bernard. Mais il n'y a pas suffisamment de place pour deux ». L’exploitation familiale, de taille trop réduite, ne suffirait pas à générer deux salaires. « A la retraite, je ne vais toucher que 325 euros par trimestre, prévoit l’agriculteur. Notre travail n'a jamais été reconnu. J'ai cultivé la terre toute ma vie pour finalement toucher moins qu'un érémiste !» A La Réunion, plus de la moitié des quinze mille retraités agricoles vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

Ceci expliquant cela, ils ne sont en moyenne qu’une vingtaine de jeunes par an à intégrer l'univers agricole. A la faible attractivité des revenus s’ajoutent le problème récurrent de la pénurie de foncier disponible, mais aussi un manque de formation. Bruno, 27 ans, chef d'exploitation à Sainte-Anne, fait figure d’exception. « J'ai un BTS développement de l'agriculture. Plus on est formé, plus on bénéficie d'aides »précise-t-il. Issu d'une famille d'agriculteurs, Bruno n'a pas peur des conflits de générations. « On arrive avec nos idées. Par exemple, simplifier les tâches au maximum avec davantage de mécanisation ». Mais pour cela, il faut évidemment investir, emprunter et…s’endetter.

Flavien OSANNA

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Eco-social
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