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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:11

« J’ai une boule au ventre tous les matins »

stressenfants.jpgUne quarantaine d’enfants se suiciderait chaque année. Examen avant l’entrée en 6ème, harcèlement au collège…, ces dernières semaines, l’angoisse des plus jeunes défraie la chronique. Sur l’île, les petits Réunionnais sont également concernés. Une situation difficile à identifier et à gérer.


« J’ai souvent mal à la tête avant un contrôle », lance Fabien. Le collégien de 13 ans avoue ne pas se mettre trop de pression à l’école. Pourtant, la peur de l’échec reste bien présente. « Je n’ai pas envie de redoubler. Je risque de perdre mes camarades et de me retrouver avec des petits ! », confie l’adolescent. Indrani, 15 ans, se sent également stressée depuis son entrée au lycée. « J’ai une boule au ventre tous les matins. A chaque début de cours, je sens que je perds mes moyens», raconte la jeune Dionysienne. Les ados restent près de 6 à 8 heures par jour à l’école. De même pour les plus petits qui doivent souvent passer par la case garderie avant de retrouver leurs parents. Avec les examens, les bons comportements à adopter et la peur des sanctions, la sphère scolaire serait une véritable source d’angoisse. Une étude menée le ministère de l’Education nationale montre d’ailleurs qu’un collégien sur dix se dit victime de harcèlement.            
L’école n’est pourtant pas la seule coupable. Pour Indrani, même si le lycée réveille son anxiété, ce sont surtout ses problèmes de famille qui la perturbent. «L’école me permet de penser à autre chose mais je vois bien que je suis tracassée. Souvent, je repense à mes soucis de famille et j’oublie le cours. J’ai tout le temps la tête ailleurs », lâche la jeune fille.            
Annie Smadja, pédopsychiatre, retrouve de fortes similitudes entre chacune de ces situations : « Les pertes, les séparations, le sentiment d’impuissance, les imprévus, l’insécurité ou encore la peur de l’échec affectent les enfants ». Le cocon familial comme la sphère scolaire doivent pouvoir les rassurer, les conforter, sans les étouffer. Or, les parents sont parfois une vraie source de stress pour leurs enfants. Une cellule familiale désunie ou en conflit peut fortement les affecter. Un parent anxieux peut également transmettre son angoisse à son bambin.            
Même si ce phénomène touche tous les enfants, quelle que soit leur tranche d’âge, c’est à l’adolescence que les angoisses s’amplifient. « C’est la période durant laquelle les jeunes manifestent une certaine acuité dans tous les domaines. C’est la plus délicate des transitions », explique Annie Smadja.


Des parents démunis


Cette anxiété se manifeste de différentes façons. Troubles alimentaires, de la concentration, de l’apprentissage, régression dans le comportement, mal de tête… Les signes sont tellement variés qu’il est souvent bien difficile d’identifier la nature de l’angoisse chez les enfants.           
Une situation qui laisse les parents totalement démunis. Katia, 39 ans, est maman d’une fillette de 11 ans. Depuis quelque temps, la petite Maëllis exprime un certain stress. « Elle a mal partout. Elle a une boule au ventre avant d’aller au collège », décrit Katia. Pour aider sa fille, elle a fait appel à des professionnels. « J’ai commandé un traitement homéopathique. Elle fera aussi de la sophrologie pour se relaxer ces prochaines vacances et s’il faut aller chez un pédo-psy, pas de soucis», explique-t-elle. Pour cette maman, la source du malaise est parfaitement identifiable : « Maëllis a peur du monde, elle est impressionnée par les nouvelles règles du collège et les profs ». Cette peur de l’école, voilà déjà presque trois ans qu’elle doit y faire face. « En CE2, Maëllis a eu un instituteur qui dévaluait ses élèves, qui les tapait aussi », va jusqu’à prétendre la Saint-Gilloise. Et d’ajouter indignée : «La classe avait une moyenne générale très faible et l’ambiance était vraiment difficile. Cette expérience a traumatisé ma fille qui a perdu confiance en elle ».

Une expérience marquante pour Maëllis mais aussi pour sa maman. Inquiète, Katia a revu son comportement. Elle a lâché du lest et fait tout pour que sa fille se détende : « Je dédramatise un peu les performances scolaires, je veux juste qu’elle s’épanouisse. On n’est pas en prépa HEC, il faut qu’elle profite de la vie !»

 

Élodie MARTINEAU

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Published by futurs.journalistes.974 - dans Société
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